ACTE I, SCÈNE VI. 2C
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Du chagrin qui me suit quand verrai-je la fin'i*
Je cherche à mcritor ramilic de ma mère;
Je veux la contenter, je fais tout pour lui plaire.
Je me sacrifirois : et tout ce que je fais
De son aversion augmente les eiïets.
le suis bien malheureuse!
L ISETTE.
Ah! quittez ce langage, Les lamentations ne sont d'aucun usage : Il faut de la vigueur. Nous en viendrons à bout Si vous me secondez : vous ne savez pas tout.
CULOÉ.
Est-il quelque malheur au delii de ma pelùe?
L I s li: T T E .
D'abord, parlez-nioi vrai, sans que rien vous retienne. Voyons; qu'aimez-vous mieux du cloître ou d'unépouv?
GULOÉ.
A quoi bon ce propos?
LISETTE
C'est que j'ai près de vous Des pouvoirs pour les deux. Votre oncle m'a chargée De vous dire que c'est une alTaire arrangée Que votre mariage; et, d'un autre côté, Votre mère m'a dit, avec même clarté, De vous notifier qu'il falloit sans remise Partir pour le couvent : jugez de ma surprise,
Ma mère est ma maîtresse, il lui faut obéir; Puisse-t-elle à ce prix cesser de me haïr!
LISETTE
Doucement, s'il vous plaît, ruffaire n'est pas faite,
Et ma décision n'est pas pour la retraite;
.II' ne suis point d'humeur d'aller périr d'ennui.
l'ronlin veut m'épousor, et J'ai du goût pour lui;
Je ne souffrirai pas l'exil qu'on nous ordonne.
Mais vous, n'aimez-vous plus Valère, qu'on vous donne?
Tu le vois bien, Lisette, il n'y faut plus songer. D'ailleurs, longtemps absent, V.lère a pu changer : La dissipation, l'ivresse de son âge.
Une ville oij tout plaît, un monde où tout engage, Tant d'objets séduisants, tant de divers plaisirs, Ont loin de moi sans doute emporté ses désirs. Si Valère m'aimoit, s'il songeoit que je l'aime, J'aurois dû quelquefois l'apprendre de lui-même. Qu'il soit heureux du moins! pour moi, j'obéirai : Aux ennuis de l'exil mon cœur est i)réparé; Et j'y dois expier le crime involontaire * D'avoir pu mériter la haine de ma mère. A quoi rôves-tu donc? tu ne m'écoutes pas.
LISETTE
Fort bien... Voilà de quoi nous tirer d'embarras... Et sûrement Florise...
Eh bien?
LISETTE
Mademoiselle, Soyez tranquille; allez, fiez-vous à mon zèle; Kûus verrons sans pleurer la fin de tout ceci. 1 l'est Cléon qui nous perd, et brouille tout ici :