‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 108 sur 213 · SCÈNE III ARLEQUIN-DEUCALION, MELPOMÉNE · texte numérisé non relu

SCÈNE III ARLEQUIN-DEUCALION, MELPOMÉNE

MELPOMÈNE enlre à pas graves et se promène comme quelqu'un qui rêve profondément. Elle est vêtue en actrice à la romaine; tient le poignard d'une Diain , attribut de ia Tragédie , et la trompette de Tautre , attribut du poëme épique. Elle serpente majestueusement sur la scène, sans prendre garde à Deucalion , faisant des mines passionnées, poussant des ah ! des hélaS ! des dieux ! des qu'entends-je ! et gesticulant 4 grand tour de bras.

ARLEQUIN, après avoir tourne longtemps autour d'elle, et l'avoir fixée comiquemeot.

C'est Melpomène; c'est la muse de la Tragédie. Je ne la reconnaissais pas d'abord, à cause de cette trompette qui me la faisait confondre avec sa sœur Calliope. Je ne songeais pas qu'elles font depuis peu bourse commune, et que ce que nous appelions tragédies , n'était plus qu'un amas de quinze ou dix-huit cents vers épidramatiques. Elle me fait peur et pitié. Oh! comme la voilà haut guindée! Quels gestes! Quels regards! De pied en cap elle est toute convulsion. Cette figurelà ne laisserait pas que de me faire rire quelquefois, et de m'amuser. Abordons-la et lui troussons un compliment qui la dispose à notre union, (u se présente comiquemem.) Madame, oserais-je interrompre un instant vos sublimes extravagances? Il ne s'agit que d'une bagatelle; '^.'est de m'épouser.

Page 1