‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 162 sur 213 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

HOMUS.

Ah ! madame, arrêtez ! Je prends mon sérieux, puisque ma gaieté vous offense! Si je vous ai déplu, les pauvres petits diables n'en peuvent mais... Ils sont innocents...

ATÉ

Qu*ils soient ce»qu'ils voudront : ils sont à toi : ce sont tes fils : cela suffit. J'en veux au père.

MOMUS

Hélas! peut-être ne le suis-je pas!

ATÉ

Peut-être aussi l'es-tu. Tout coup vaille! et premièrement Scaramouche ne sera...

MOMUS

Madame Até !

ATÉ

Qu'un bélitre, qu'un matamore et qu'un poltron.

MOMUS

Voilà mon fils déshonoré !

ATÉ

Pierrot...

MOMUS

Madame Até!

ATÉ

Qu'un butor, qu'un lourdaud, qu'un gueux et qu'un fainéant.

MOMUS

Voilà un pauvre enfant à l'hôpital.

ATÉ

Et ton petit drôle d'Arloauin...

MOMUS

Madame Até!

ATÉ

Aura tous les vices des deux autres, et sera encore, pardessus le marché, un balourd et un fripon.

MOMUS

Bon, voilà l'autre pendu I

ATÉ

Ce seront, en un mot, trois coquins, trois pendards, trois vagabonds; et afin qu'ils sentent dès à présent les effets de ma colère, je leur donne à tous trois, en ce moment, l'expérience et l'âge de trente ans. Adieu! ris, chante et danse, maintenant.

(Elle s'en va, et les trois enfants sautent à bas de leurs berceaux et paraissent sur pieds comme des hommes faits.)

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