‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 165 sur 213 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

ARLEQUIN

Et bon vin ! oui, du meilleur! ah! quel plaisir!

LA MORALE

Oh çà, tu vois bien, te voilà charmé! rien ne te manque; et tout cela, grâce à tes cent mille écus.

ARLEQUIN

Encore ! ne voulez- vous pas que je les aie?

LA MORALE

Tu les as, j'en suis contente ! Il vient des voleurs, une nuit, qui te les emportent !

ARLEQUIN

Au guet! au guet! au guet!

LA MORALE

Attends jusqu'au bout, mon ami; tu étais donc hier dans l'abondance; on te vole cette nuit; aujourd'hui tu te vois dans la misère.

Ahi ouf!

LA MORALE

Comment trouves-tu cela? Voyons, que penses-tu de ceux qui t'emportent ton bien ?

ARLEQUIN

Les bourreaux me raflent, en une nuit, ce que j'avais amassé, avec bien de la peine, depuis trois ans que je suis dans les affaires. Pardi, oui, c'est être bien méchant, hien maudit!

LA MORALE

Eh bien!...

ARLEQUIN

Je vois où vous en voulez venir. Je suis un de ces pendards-là, je ne vaux rien; je me condamne, je m'exécute : oui, vous avez raison, mademoiselle; que je suis malheureux d'être un fripon! Ah! si j'étais riche I (n pleure.)

MO MUS, baisant la main de la Morale avec traosport.

Courage, madame ! que je vous ai d'obligation ! poursuivez; vous l'avez attendri, vous avez déjà touché son cœur, il se corrigera par vos soins; et malgré la force du penchant... (ii le

surprend encore la main dans sa poche.) Helm! je t'y rattrape, misérable !

ARLEQUIN

La force du penchant I vous avez bien raison, mon père; oui, ma foi, continuez : la force du penchant!

Que dites-vous de vos leçons, madame la Morale? et vous prétendez corriger les hommes, pourtant!

LA MORALE

Patience aussi! Écoute, Arlequin.

MOMUS

Oui, oui, écoute, écoute! va.

LA MORALE

Écoute, te dis-je I

ARLEQUIN, flairant en l'air de tous les côtés.

Attendez, attendez, mademoiselle... parlez maintenant.

LA MORALE

Puisque tu connais toi-même... /jLW^«wn recommence à flairer

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