‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 202 sur 213 · MADEMOISELLE LE COUVREUR · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE LE COUVREUR

Qui jouait le rôle à'Ângélique dans ma comédie de VÉcoîe des Tères

Un émule de Praxitèle, Et de son siècle le Coustou, Fit une Vénus, mais si belle, Si belle, qu'il en devint fou.

« Vénus, s'écriait-il sans cesse, Ta gloire animait mon ciseau!

Sers donc maintenant ma tendresse !

Anime cet objet si beau ! »

Vénus entendit sa prière :

La pierre, en effet, respira.

De ce moment le statuaire N'aima plus, il idolâtra.

Bientôt il fut aimé lui-même; Et ce que raille extravagants Envieraient comme un bien suprê.'n?, A coup sûr il en eut les gants.

Bergers, gravez bien sur les arbres Ce que je viens de vous narrer; L'amour peut attendrir les marbres :

C'est le sens qu'il en faut tirer.

Et vous, déesse de la scène.

Que tous les jours nous encensons.

Vous que Thalie et Melpomène Préfèrent à leurs nourrissons.

Reine du prestige agréable Et de la douce illusion, Belle Le Couvreur, à ma fable Souffrez une autre allusion.

Mon Angélique est ma statue.

Et vous venez de l'animer :

Ma fable est la vérité nue,

Pour peu que vous veuillez m 'aimer

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