‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 203 sur 213 · A UNE DAME · texte numérisé non relu

A UNE DAME

Qui me demandait des vers, pour un envoi de manchettes qu'elle faisait à M. le -duc... L. T. M.

L'an passé fut l'an de bêtise :

Aujourd'hui l'esprit fait la loi :

C'est celte loi qui m'autorise A versifier cet envoi.

I/esprit, qui dans mon cœur pétille.

Fait feu des quatre pieds pour vous :

Je veux qu'à chaque mot il brille ; Saint Marivaux, priez pour nous!

Beau Thyrsis, voilà des manchettes Qu'Églé vous offre poliment Pour ombrager vos mains blanchettes.

C'est déjà rimer joliment.

1. • L'année précédente, j avais fjit pour elle un envoi en prose, qui avait ilé trouvé très-mauvais. Celni-ci ne devait g'ère paraitrefcieillpur. »

Mais à peine, héias 1 je m'adinii e.

Que je me sens humilié; Reste à raisonner : eh 1 que dire Sur un sujet si déhé?

Paix! je vais consulter l'Oracle S Auquel on court de tous côtéi.

J'en reviens; écoutez ; miracle!

C'est lui qui m'inspire : écoutez.

Lucinde aime Charmant : Lucinde Au col une laisse lui met ; Mais moi, qui ne suis pas si dinde *, Je vous la veux mettre au poignti.

J'enchaîne plus galamment qu'elle ; Sa laisse n'était qu'un rul an.

Et la mienne, de la dentelle :

Beau duc, adonisez-vous-en.

Surtout, pour une bagatelle, Thyrsis, ne la cliiffonnez pas ; Et soyez aussi jaloux d'elle Qu'un jeune abbé de ses rabats.

1. Pièce du jonr de M. de Saint-Foix, qui eut un succès prodigieux (1740).

2. Lucinde dans cette pièce joue, à l'égard d'un jeune garçon, le rôle que joue le garçon de 'rère Pliilippe, à l'égard des jeunes filles qu'il croit des oies.

POÉSIES DIVERSES oSU

Sachez lui faire faiie place :

Ne jetez pas un mot au vent, Uue vous ne l'ayez avec grâce Bien retroussée auparavant.

Item, quand vous voudrez écrire ; Item, quand vous prendrez au plat; Item, lorsque vous voudrez rire Et badiner avec un chat.

Mais souvenez-vous, en revanche, Qu'à la ruelle de nos lits.

C'est une autre paire de manclie :

Oubliez-les près de Philis.

Les braves mignons de couchettes N'y sont pas si près regardants, Et ménagent peu leurs manchettes Avec qui veut perdre ses gants.

Ne les mettez qu'aux jours de fêtes :

C'est-à-dire, en langue d'amant, Qu'avec vos habits de conquêtes Et vos boutons de diamant.

Que le poignet elle vous ceigne ; Et qu'elle vous serve toujours De parure et jamais d'enseigne # Le Ciel bénira vos amoura.

540 poesif:s diverse:

Page 1