ACTE I, SCÈNE VI
Mais quand il va là-haut lui seul à sa campagne , Que le corps, ici-bas, souffre qu'on l'accompagne.
DAMIS
El crois-tu donc qu'un homme à talents, tel que moi,
Puisse régler sa marche, et disposer de soi?
Les gens de mon espèce ont le destin des belles.
Tout le monde voudrait nous enlever comme elles.
Je me laisse entraîner chez monsieur Francaleu
Par un impertinent que je connaissais peu.
C'est lui qui me présente; et, dupe du manège.
Je sers de passe-port au fat qui me protège.
On tenait table encore. On se serre pour nous.
La joie, en circulant, me gagne ainsi qu'eux tous.
Je la sens : j'entre en verve; et le feu prend aux poudres.
11 part de moi des traits, des éclairs et des foudres;
J'ai le vol si rapide et si prodigieux.
Qu'à me suivre, on se perd, après moi, dans les cieux;
Et c'est là, qu'à grands cris, je reçois des convives
Ce nom qui va du Pinde enrichir les archives...
Qui va nous appauvrir, à coup sûr, tous les deux.
DAMIS
Ensuite un équipage et commode et pompeux
Me roule, en un quart d'heure, à ce lieu de plaisance.
Où je ris, chante, et bois : le tout, par complaisance.
MONDOR
Par complaisance, soit. Mais vous ne savei pas?
i40 LA MÊTROMANIE
Et quoi?
MO^DOR
Pendant qu'aux champs vous prenez vos ébats, La Fortune, à la ville, en est un peu jalouse. Moi sieur Baliveau...
DAMIS
Hein?
MONDOR
Votre oncle de Toulouse...
Après?
Est à Paris.
MONDOR
Qu'il y reste. • ,
MONDOR
Fort bien.
Sans croire, sans vouloir que vous en sachiez rien.
DAMIS
Pourquoi donc me le dire?
MONDOR
Ah! quelle indifférence!
Et rien est-il pour vous de plus de conséquence? Un oncle riche et vieux dont votre sort dépend; Qui du bien qu'il vous veut, sans cesse se repent; Prétendant, sur son goût, régler votre génie;