ACTE I, SCÈNE VI I4i
De VOS diables de vers détestant la manie;
Et qui, depuis cinq ans bien comptés. Dieu merci,
Pour faire votre droit, nous pensionne ici !
Attendez- vous, monsieur, à d'iiorribles tempêtes.
Il vient incognito, pour voir où vous en êtes.
Peut-être il sait déjà que vous donnant l'essor,
Vous n'avez pris ici d'autre licence encor
Ûue celles qu'il craignait, et que, dans vos rubriques.
Vous nommez, entre vous, licences poétiques.
Ah! monsieur, redoutez son indignation.
Vous aurez encouru rexhérédalion.
Ce mot doit vous toucher, ou voire âme est bien dure.
DAMIS, lui doiioaui un papier.
Mondor, porte ces vers à l'auteur du Mercure*
MON D OR, refusant de le prendre.
Beau fruit de mon sermon !
Digne du sermonneur.
MONDOR
i:t que doit nous valoir ce papier?
DAMIS
De l'honneur.
MONDOR, secouant la tète.
' on ! de l'honneur !
DAMIS
Tu crois que je dis des sornettes?
r»^ LA MÉTROMANIE
MONDOR
Cest qu'on n'a point d'honneur à mal payer ses dettes, Et qu'avec celui-ci, vous les paierez très-mal.
DAHIS.
Qu'un valet raisonneur est un sot animal ! Eh! fais ce qu'on te dit.
MONDOR
Aussi, ne vous déplaise, Vous en parlez, monsieur, un peu trop à votre aise. Vous avez les plaisirs; et moi, tout l'embarras. Vous et vos créanciers, je vous ai sur les bras. C'est moi qui les écoute, et qui les congédie. Je suis las de jouer, pour vous, la comédie, De vous celer, d'oser remettre au lendemain, Pour emprunter encore, avec un front d'airain. Ma probité répugne à ces façons de vivre. De ce monde aboyant, cherchez qui vous délivre. Pour moi, plein désormais d'un juste repentir, J'abandonne le rôle, et ne veux plus mentir. Viennent baigneur, marchand, tailleur, hôte, aubergiste, Que leur cour vous talonne, et vous suiv», à la piste ; Tirez-vous-en vous seul; et voyons une fois...
DAMIS, lui tendant le même papier.
Tu me rapporteras le Mercure du mois ; Entends-tu?
MONDOR, le prenant.
Trouvez bot aussi que je revienne Environné des gens que je vous nomme.