‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 38 sur 213 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

La fierté, la naissance et le rang de la dame Renfermaient dans mon cœur le secret de ma flamme. Comment aurais-tu fait pour t'en être aperçu? Elle-même elle était aimée à son insu.

MONDOR

Mais vraiment un amour de si légère espèce Pourrait prendre son vol bien par delà l'Altesse.

DAMIS

N'en doute pas, et même y goûter des douceurs, l/amour impunément badine au fond des cœurs. A ce que nous sentons, que fait ce que nous sommes? L'astre du jour se lève; il luit pour tous les hommes, Et le plaisir commun que répand sa clarté. Représente l'effet que produit la beauté.

MONDOR

J'entends. Tout vous est bon; rien ne vous importune. Pourvu que votre esprit soit en bonne fortune. A ce compte, un jaloux ne vous craindra jamais; Et vos rivaux, monsieur, peuvent dormir en paix. Et deux! A l'autre.

DAMIS

Hélas! en ce moment encore.

Je revois son image; et mon c^^prit l'adore. Pour la dernière fois, tu me fais soupirer, Divinité chérie! Il faut nous séparer.

Plus de commerce! Adieu. Nous rompons.

MONDOR

Quel dommage !

174 LA MÉTKUMANIE

L'union était belle. Et que répond l'image?

DAMIS

De mon cœur attendri pour jamais elle sort. Et fait place à l'objet dont nous parlions d'abord.

MONDOR

D'un poste mal acquis l'équité la dépose,

Et rien, avec raison, fait place à quelque chose.

DAMIS

Que celle-ci, Mondor, a de grâce et d'esprit!

C'est qu'elle aime les vers; et cela vous suffit.

DAMIS

C'est que... c'est qu'elle en fait des mieux tournés du monde.

MONDOR

Pour moi, ce qui m'en plaît, c'est la source féconde Où nous allons puiser désormais les ducats.

DAMIS

Les ducats?

MONDOR

C'est de quoi vous faites peu de cas.

L'un de nous deux a tort; mais qu'à cela ne tienne. A.ura tort qui voudra, pourvu que l'argent vienne.

Enfin tu conçois donc qu'on en saura gagner?

MONDOR

Le bonhomme du moins ne veut pas l'épargner.

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