‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 71 sur 213 · SCÈNE VII DORANTE, LISETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE VII DORANTE, LISETTE

LISETTE, bai, apercevant. Dorante, et Sni tournant brusquement le 4o».

Le jaloux nous surprend; le voilà furieux;

Car je passe, à coup sûr, pour Lucile à ses yeux.

DORANTE, se tenant à trois pas ilerrière elle.

Avec cette promesse où mon espoir se fonde, Je vous laisse, et m*en vais le plus content du monde- Madame, on n'aura pas de peine à concevoir Quelle était la promesse, et quel est cet espoir. Mais ce que l'on aurait de la peine à comprendre. C'est que cette promesse et si douce et si tendre. Reçue à la même heure, et presque au même lieu. Mot à mot dans ma bouche ait mis le même adieu. Il faut vous en faire un de plus longue durée. Et dont vous vous teniez un peu moins honorée. Adieu, madame; adieu! Ne vous flattez jamais Que je vous aie aimée autant que je vous hais!

(il fail qnrlques pas pour s'en aller.) LISETTE, bas.

Donnons-nous à notre aise ici la comédie. Car il va revenir.

(Elle t'assied à l'un de» coins du théâtre, en fucc du parterre, et ièvs l'éventail du côté nar où Dorante peut l'aborder.)

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ORANTE, croyant voir dans cette attitude l'cinli:iri:i« d'une p«T-oi:i,e coiifoixluo, et «aus avinccr.

Monstre de perfidie!

Pouvoir ainsi passer, d'abord et sans égard, Des mains de la nature à ce comble de l'art! M'avoir peint ce rival comme le moins h craindre! M' avoir persuadé, presqu'au point de le plaindre ! Qu'avez- vous prétendu par cette trahison? Pourquoi, d'un vain espoir y mêlant le poison, Me venir étaler d'obligeantes alarmes?

Me dire, en paraissant prête à verser des larmes : « Dorante ! ou je fléchis mon père, ou de mes jours, A l'asile où j'étais, je consacre le cours! » Quels étaient vos desseins? Répondez-moi, cruelle! Ne les dois-je imputer qu'à l'orgueil d'une belle. Qui, jalouse des droits d'un éclat peu commun. Veut gagner tous les cœurs, et ne pas en perdre un ? Ce reproche fût-il le seul que j'eusse à faire! Mais, hélas! malgré moi, la vérité m'éclaire. Ce rival, dès longtemps, est le rival aimé. C'est pour lui que j'ai vu votre front alarmé ; Et quand vous me disiez que j'en étais la cause. Quand vous me promettiez bien plus que l'amour n'ose, C'est que de vutre amant vous protégiez les jours, Et vouliez ralentir la vengeance où je cours. Oui, j'y volej on ne l'a tantôt que différée. Et ma rage, à vos yeux, l'aurait déjà tirée; J'attaquais devant vous le traître />« arrivant.

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