ACTE IV, SOi^^'R V
Si je n'eusse voulu jouir auparavant
De la confusion qui vous iemie la bouciie !
Que ma plainte à présent vous révolte ou vous touche;
Repentez- vous, ou non, de m'avoir outragé;
Vous ne me verrez plus que mort, ou que vengé !
LISETTE, effrayée.
Dorante !
DORANTE
Je m'arrête au cri de rinfidèle!
Elle tremble, il est vrai : mais pour qui tremble-t-elle? N'importe : je l'adore; écoutons-la. Parlez.
( Se rapprochant. )
Je veux encor, je veux tout ce que vous voulez.
Rejetons le passé sur l'inexpérience :
Et redemandez-moi toute ma confiance.
Un regard, un seul mot n'a qu'à vous échapper.
Mon cœur vous aidera lui-même à me tromper.
Ah! Lucile ! Ai-je pu si tôt perdre le vôtre?
Vous me haïssez I
LISETTE, tendrement.
Non.
DORANTE
Vous en aimez un autre!
LISETTE
Eh non !
DORANTE
Vous m'aimez doiic'^
LISETTE
Oui.
DORANTE
M'y fierai-je?
LISETTE
Hélas !
DORANTE
Eh bien, je n'en veux plus douter ! Ne sais-je pas Que rinfidélité, surtout dans la jeunesse. Souvent est moins un crime, au fond, qu'une faiblesse. Qui peut servir ensuite à vous en détourner. Lorsque la nôtre va jusqu'à vous pardonner.
(n t'approche enTin d'elle tout transione.
Je vous pardonne donc, et même vous excuse. Lisette est contre moi; Lisette vous abuse; Ce sont ici des coups qu'elle seule a conduits ; C'est elle qui me met dans l'état où je suis.
LISETTE, sans mettre bas eucore l'éventail.
Il e-st vrai.
DORANTE, se jclant à ses genoux, et lui prenant la main.
C'est assez I mon âme satisfaite...