‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 84 sur 213 · ACTE V, SCÈNE IV BALIVEAU · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV BALIVEAU

Apprenez de moi qu'on ne voit guère Les honneurs, en ce siècle, accueillir la misère : Et que la pauvreté, par qui tout s'avilit. Faite pour dégrader, rarement anoblit.

Forgez- vous des plaisirs de toutes les espèces. On fait comme on l'entend, quand on a vos richesses; Mais lui, que vouiez- vous qu'il devienne à la fin ? Son partage assuré, c'est la soif et la faim. Et d'un œil satisfait, on veut que je le voie? Soit! à vos visions, je l'abandonne en proie. Il peut se reposer de ses nobles destins Sur ceux qui, dites vous, se l'arrachent des mains. Qu'il périsse! il est libre. Adieu!

FRANCALEU.

Je vous arrête, En véritable ami dont la réplique est prête; Et vais vous faire voir, avec précision. Que nous ne sommes pas des gens à vision. Si j'admire en Damis un don qui vous irrite, Votre chagrin me touche, autant que son mérite; Afin donc que son sort ne vous alarme plus. Je lui donne ma fille, avec cent mille écus.

BALIVEAU

vpc cent mille écus?

FRANCALEU.

Eh bien! est-il à plaindft? ;ir elle a do, l'esprif. est belle, faite à pein.lre...

250 LA MÉTROMA^ME

Holà! Oucliju'uii!... Vous-même en jugerez ainsi.

(a un Vukl. )

Que l'on cherche Lucile, et qu'elle vienne ici. (a part.) Aussi bien elle hésite, et rien ne se décide.

(a Baliveau.)

Qu'est-ce? Vous mollissez? Votre front se déride? Vous paraissez ému !

BALIVEAU

Je le suis en effet.

Vous êtes un ami bien rare et bien parfait ! Un procédé si noble est-il imaginable!

Ne me trouvez donc pas, au fond, si condamnable. Nous perçons l'avenir ainsi que nous pouvons. Et sur le train des mœurs du siècle où nous vivons. Quand, à faire des vers, un jeune esprit s'adonne. Même en l'applaudissant, je vois qu'on l'abandontie. Damis, de ce côté, se porte avec chaleur. Et je ne lui pouvais pardonner son malheur; Mais, dès que d'un tel chpix votre bonté l'honore...

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