AU SEIGNEUR PIERRE DE RONSARD
Chante l'emprise* furieuse Des fiers géans trop dévoyez Et par la main victorieuse Du père tonnant foudroyez ; • Ou bien les labeurs envoyez
Par Junon, déesse inhumaine, A l'invincible enfant d'Alcmène.
Chante les martiaux alarmes ^ D'un son heroïc et haut stile ; Chante les amoureuses larmes.
Ou bien le champ gras et fertile, Ou le clair ruisseau qui distile Du mont pierreux, ruisseau qui baigne Prez et spacieuse campaigne.
Chante donc les biens de Cerès Et de Bacchus les jeux mistiques ; Chante les sacrées forests, Séjour des demi-dieux rustiques ; Chante tous les dieux des antiques,