Étrangères*. i. Emploi, sens propre
I Les autres en une autre, et chacune action,
; Selon qu'elle dessert *, se doit tenir certaine
De recevoir de vous son loyer ou sa peine.
Or entre ceux qui ont tant de félicité Que de faire service à vostre majesté, ( Ceux qui sont employez aux affaires belliques
i Sont ceux, comme aussi sont tous ministres publiques.
Qui méritent le plus d'estre recompensez, \ Et qui auprès de vous sont les plus avancez.
1 Mais les biens et honneurs que de vostre service
I Reçoyvent ceux qui font dignement leur office
?îe doyvent pas suffire à ceux qui sont bien nez, Et qui, outre les dons desquels ils sont ornez, \ Outre vostre faveur et le bruit populaire,
h Ont quelque chose en eux par dessus le vulgaire.
I Us attendent encor', pour avoir ce bon heur
De vivre après leur mort, un immortel honneur. Honneur, le seul loyer qui la vertu guerdonne *, Loyer qu'à la vertu la seule Muse donne.
.'^.--^ Car, veu que la nature a d'un si petit cours A l'homme limité le terme de ses jours, Pourquoy de tant d'ennuis, de travaux, de traverses, De voyages lointains et fortunes diverses, L Fol, se priveroit-il de ce peu de plaisir,
f S'il n'avoit en son cœm 'cest honueste désir
D'allonger par vertu le cours de sa mémoire Et gaigner par sa mort mie immortelle gloire? Ce généreux désir de l'immortalité ^ Tous l'apportent ici dès leur nativité,
I? Chacun ou plus ou moins, selon que de nature
L 11 est favorisé ou de sa nourriture.
F Ce qui nous monstre bien que tout on ne meurt pas,
I Mais qu'il reste de nous, après noslre trespas,
1^ Je ne sçay quoy plus grand et plus divin encore
Que ce que nous voyons et que la mort lievore... [70]
\. Mérite (L., élym.). 2. lU' compense* U. B.
m (ÊtîVRES CHOISIES i)E bti BeLLâV.