Vers latins, hendecasyllabes. A. A la perfection
2. A cause qu'ils*. R. 5. Pour femelle (L., 16", ex. de 5. Ronsard. Chateaubriant).
S'approcher peu à peu pour luy donner la chasse, Faire une longue enceinte, et de cris et d'ahbois Ressonner tout autour les antres et les bois :
Et comme à ce grand bruit la magnanime beste. Craintive pour les siens, vient à lever la teste. D'un horrible regard rouant* ses yeux ardents. Et d*un horrible son faisant cracquer ses dents, S'eslance tout à coup, et du premier encontre* Renverse en foudroyant tout ce qu'elle rencontre, Desmembre les veneurs, rompt les espieux ferrez Et deschire en passant les toiles et les rets, Puis tourne en sa tesniere ^, et sent en son courage Combattre en mesme temps et l'amour et la rage :
La rage, qui la poingt d'une juste fureur, Veut qu'elle emplisse tout et de sang et d'honneur. Mais l'amour la retient ; et bien que sa nature, Généreuse de soy, mal- volontiers endure Qu'on ose de si près sa caverne approcher, Se contient toutefois au creux de son rocher, Remasche* sa fureur, et quoy qu'elle désire.
Regarde ses petits au milieu de son ire... [52 1
Celuy vraiment celuy est doublement vainqueur. Vainqueur de son haineux, et de son propre cœur. Qui peut dm*ant le cours de sa bonne fortune Suivre de la vertu la trace non conmiune.
Fascheuse de nature est toute adversité, Mais trop ^ plus dangereuse est la félicite.
Le cheval furieux ayant le mors pour guide.
Toujours en sa fureur ne dédaigne la bride ; Le navire^, agité des vents impétueux, Ne succombe toujours aux flots tempestueux.
Et le cours du torrent tombant de la montagne