Celle*. 4. Chercher
El, courant par les champs, d'une fui*eur nouTelle
Ensanglanter la dent et la patte cruelle
Sur les menus troppeaux pour sa soif estancher.
Je vi mille veneurs descendre des montagnes Qui bordent d'un costé les lombardes campagnes, Et vi de cent espieux luy donner dans le flanc.
Je la vi de son long sur la plaine estendue, Poussant mille sanglots, se veautrer en son sang, Et dessus un vieux tronc la despouille pendue.
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' ' Sur la rive d'un fleuve une Nymphe esplorée, Croisant les bras au ciel avec mille sanglots, Accordoit ceste plainte au murmm*e des flots, Outrageant son beau teinct et sa tresse dorée :
« Las ! où est maintenant ceste face honorée. Où est ceste grandeur et cest antique los.
Où tout l'heur et l'honneur du monde fut enclos. Quand des hommes j'estois et des dieux adorée ?
« N'estoit-ce pas assez que le discord mutin M*eust fait de tout le monde un publique butin, Si cest hydre nouveau, digne de cent Hercules,
« Foisonnant en sept chefs de vices montrueux Ne m'engendroit encor à ces bords tortueux Tant de cruels Nerons et tant de Caligulcs ? »
'\ Je vi sourdre d*un roc une vive fontaine, Claire comme cristal aux rayons du soleil.
Et jaunissant au fond d'un sablon tout pareil A celuy que Pactol roule parmi la plaine.
Là sembloit que nature et Tart eussent pris peine D'assembler en un lieu tous les plaisirs de l'œil : Et là s'oyoit* un bruit incitant au sommeil,
i. S'entendait.
SONGE OU VISION SUR ROME. i55
De cent accords plus doux que ceux d'une Sii^ene.
Les sièges et relais luysoient d'ivoire blanc, Et cent nymphes autour se tenoient flanc à flanc, (luand des mons plus prochains de faunes une suite
En effroyables cris sur le lieu s'assembla, Qui de ces villains pieds la belle onde troubla, Mist les sièges par terre et les nymphes en fuite.
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Plus riche assez que ne se monsti*oit celle Qui apparut au triste Florentin, Jettant ma veue au rivage Latin, Je vi de loing surgir une nasselle :
Mais tout soudain la tempeste cruelle, Portant envie à si riche butin, Vint assaillir d*un aquilon mutin La belle nef des autres la plus belle.
Finablement l'oi^age impétueux Fit abysmer d'un gouffre tortueux La grand' richesse à nulle autre seconde.
Je vi sous l'eau perdre le beau thresor, La belle nef et les rochers encor, Puis vi la nef se ressourdre * sur Tonde.
Ayant tant de malheurs gémi profondement, Je vis une cité quasi semblable à celle Que vid le messager de la bonne nouvelle ; Mais basty sur le sable estoit son fondement.
Il sembloit que son chef touchast au firmament, Et sa forme n'estoit moins superbe que belle : Digne, s'il en fut onc, digne d'eslre immortelle. Si rien dessous le ciel se fondoit fermement.
\. Sourdre de nouveau (L., étym. de Ressource).
J'cstois esmerveillé de voir si bel ouvrage, Quand du costé du nord vint le cruel orage, Qui, soufflant la fureur de son cœur despité,
Sur tout Qe qui s'oppose encontre »sa venue, Renversa sur le champ, d'une poudreuse nue.
Les foibles fondemens de la grande cité.
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' ./ Finablement sur le point que Morphoe
Plus véritable apparoist à nos yeux, Faschc de voir l'inconstance des cieux, Je voy venir la sœur du grand Typhée :
Qui bravement d'un morion coiffée En majesté sembloit égale aux dieux.
Et sur le bord d'un fleuve audacieux De tout le monde erigeoit un trophée.
Cent rois vaincus gemissoient à ses pieds.
Les bras au dos honteusement liez :
Lors effroyé de voir telle merveille,
Le ciel encor je luy voy guerroyer, Puis tout à coup je la voy foudroyer.
Et du grand bruit en sursaut je m'esveillc.
A MONSIEUR DUTHIER