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Il appelle (L.). ploi du mot est un latinisme

m ŒUVRES CHOISIES DE DU BELLAY.

Que l'eau soit chaude, et après qu'il a veu Son blé moulu, il le prend, il le sasse :

Le son demeure et la farine passe.

Puis sur un aix l'agence tout soudain, Verse l'eau tiède, et en menant la main Tout au travers, pestrit tout pesle meslo :

Avecques l'eau la farine se mesle.

Des grains de sel il y respand aussi :

L'œuvre se forme et devient espoissi.

Avec la paulme en rond il le façonne.

Presse le moule, et sa marc[ue luy donne, Le porte au feu (Catou premièrement A voit le lieu nettoyé proprement) :

D'un test * vousté il a faict sa fournaize.

Kt ce pendant que la tuile et la braize Font leur devoir, Marsaut no chomme pas.

Mais se pourvoit d'autres mets et rep.is, Pour ne trouver, à la manger seulette.

Fade saveur au goust de sa galette.

De chair de porc par le sel endurci Les gros quartiers et les jambons aussi N'estoient pas là pendus pour son usage.

Mais seulement le rond d'un vieux founnagc ' Par le milieu traversé d'un genêt, Et tout au près un vieux fagot d'aneth.

Luy donc ayant le soin de sa pasture, Po\ir son disner cerche autre nourriture.

Joingnant la loge oii Marsaut habitoit.

Fut un jardin, un jardin qui estoit D'un peu d'oziers clos devant et derrière.

Et de roseaux à la canne légère :

Petit de lieu, mais d'herbe bien fourni.

Ce jardin là n'estoit pas desgarni De ce qui sert à un pauvre mesnage :

Souvent le riche y prenoit son usage.

I. Tes on, iestae (\,. : Ttt ; N. : 2. Fromage. Cf. Fourment, Tcjsls). Poiirmoner, etc.

Quant au labeur, cela ne luy coustoit Que l'entretien : cest entrelien c'estoit, Quand quelque Teste ou saison pluvieuse Avoient rendu sa charrue ocieuse.

Marsaut sçavoit les plantes disposer, Marsaut sçavoit semer et arrouser :

Là se trouvoit toute herbe de potage, Là s'espandoit la bette au grand feuillage.

Et la yinette espessement croissant ; Avec la mauve, et Teaule * verdissant.

Les chiches-pois y prenoient nourriture.

Oignons, pavots d'endormante nature ; Là s'estendoit la friande laictue.

Et là s'enfloit la coucourde * ventrue.

Cela n'estoit de Marsaut le manger :

Car qui estoit plus que luy mesnager ?

Son revenu au peuple estoit utile :

Il en portoit certains jours à la ville, Et puis au soir retoumoit à grand' joye Léger d'espaule et chargé de monnoye.

Bien peu souvent de la chair achetoit, Le rouge oignon son appétit dontoit, Et le pourreau bien teillant ^ : quelquefois 11 se paissoit de cresson allenois Qui prend au nez, d'endive, et de roquette Bonne aux vieillards : voila comment se traite Le bon Marsaut, qui songeant à son cas En son jardin va cercher son repas.

Premièrement grattant un peu la terre, Quatre aulx espais de racine il déterre.

Arrache aussi des coriandres gresles.

Et du persil aux petites ombelles,

i. Aulnée, « est, ditN., rherl>e 2. Courge, cncurbita (L., hist.

autrement appelée Helenniunif cl élym.; N.).

ou enula campana ou inula. » 3. Se détachant bien, de tiller

(L. : Aunée; Cotgrave: Eaulie). ou teiller (L.; N. a les deux

Eanle ne se trouve pas. formes; J. Gl.).

De verde rue il s'est aussi pourveu, Puis tout joyeux s'assied auprès du feu :

Huche Catou, demande le moi*tier, Plume l'oignon, prend ce qui fait mes lier, Jette le reste, et puis en belle eau frotte Bien nettement la terreuse eschalotte, Et tout cela vous jette dans le fond De son mortier qui fut cavé^ en rond.

Des grains de sel il y met d'avantage, 11 y adjoute encores du fourmage Dur et salé, et puis ces herbes là, Dont j'ay parlé, jette sur tout cela :

Et puis dessous ces aynes * hérissées De la main gauche a ses robbes troussées, De l'autre main il va pilant les aulx. Dont la sentem* offense les nazeaux :

Le suc de l'un avec l'autre s'assemble.

Le pilon tourne et brise tout ensemble.

Lors peu à peu cestuy perd sa valeur, Et cestuy là : tous n'ont qu'une couleur, Qui pour le blanc, n'est du tout verdissante, Ni pour le verd toute aussi blanchissante.

Souvent Marsaut, comme tout courroucé.

Souffle, renifle et d'un nez retroussé Maudit ses aulx : souvent torche ses veux Du bout des doigts, souvent tout furieux Va maugréant la vapeur innocente.

Déjà se fait la matière plus lente Qu'auparavant : le pilon, qui tenoit Dans le mortier, plus lentement tournoit.

Or' il y mesle un peu d'olif ' et ores Un petit fil de vinaigre, et encores Remesîe tout, et puis une autre fois Le mesle encor' : puis avecques deux doigts Finablement le mortier environne,

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