‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 24 sur 274 · Horace : Ore rotundo. 5. Pron. âge · texte numérisé non relu

Horace : Ore rotundo. 5. Pron. âge

2. Élégance, lat. (L., pas d'ex. 6. Navi^^ation (L., étyni.; ce avant du Bellay). dernier seul dans N.).

3. Compenser (L., 3»; N). 7. De dépendre, dépenser (L., A. Quintilien, I, v. Notes de rem.; N.; R. de la R., 11604;

M. M.-L. Joinville; Bart. Chrest.).

industrie. Je ne produiray, pour tesmoins de ce que je dy, rimprimerie, sœur des Muses, et dixième d'elles, et ceste non moins admirable que pernicieuse foudre d'artillerie, aTecques tant d'autres non antiques inventions, qui monstrent véritablement que, par le long cours des siècles, les esprits des hommes ne sont point si abastardis qu'on voudroit bien dire : je dy seulement qu'il n'est pas impossible que nostre langue puisse recevoir quelquesfois cest ornement et artifice, aussi curieux qu'il est aux Grecs et Romains. Quant au son, et je ne sçay quelle naturelle douceur (comme ils disent) qui est en leurs langues, je ne voy point que nous l'ayons moindre, au jugement des plus délicates oreilles. 11 est bien vray que nous usons du prescript * de nature, qui pour parler nous a seulement donné la langue. Nous ne vomissons pas nos paroles de l'estomac, comme les yvrongnes; nous ne les cstranglons de la gorge, comme les grenouilles ; nous ne les découpons pas dedans le palais, comme les oyseaux ; nous ne. les sifflons pas des lèvres, comme les serpens. Si en telles manières de parler gist la douceur des langues, je confesse que la nostre est rude et mal sonante. Mais aussi nous avons cest avantage de ne tordre point la bouche en cent mille sortes, comme les singes, voire comme beaucoup mal se souvenant de Minerve, qui jouant quelquefois de la fluste et voyant en un miroir la deformité de ses lèvres, la jetta bien loin, malheureuse rencontre au presumptueux Marsye, qui depuis en fut escorchc. Quoy doncques, dira quelqu'un, veux-tu à l'exemple de Marsye, qui osa comparer sa fluste rustique à la douce lyre d'Apollon, égaler ta langue à la grecque et latine? Je confesse que les auteurs d'icelles nous ont surmontez en sçavoir et faconde : esquelles choses leur a esté bien facile de vaincre ceux qui ne repugnoyent point. Mais que par longue et diligente imitation de ceux qui ont occupé les premiers, ce que nature n'a pourtant dénié aux autres,

i. Prescription.

; nous ne puissions leur succéder aussi bien en cela, que ; nous avons déjà fait en la plus grande part de leurs arls mechaniques, et quelquefois en leur monarchie, je ne le diray pas : car telle injure ne s'estendroit seulement contre les esprits des hommes, mais contre Dieu, qui a donné pour loy inviolable à toute chose créée, de ne durer perpétuellement , mais passer sans fin d'un estât en l'autre : estant la fin et corruption de l'un , le commencement et génération de l'autre. Quelque opiniastre repli- ' quera encore : ta langue tarde trop à recevoir ceste perfection. Et je dy que ce retardement ne prouve point qu'elle ne puisse la recevoir : ainçois * je dy qu'elle se pourra tenir certaine de la garder longuement, l'ayant acquise avecques si longue peine, suivant la loy de nature, qui a voulu que tout arbre qui naist, florist et fructifie bien tost, bien tost aussi envieillisse ' et meure ' : et , au contraire, celuy durer par longues années, qui a longuement travaillé à jetter ses racines.

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