Pron. crêtrc*. 2. Mnis
Mais no peut-on l'amour assaisonner
Comme les fruicts, et par art luy donner
Maturité, sans bien souvent attendre
Si longuement, pour le trouver plus tendre,
Que par le temps ou autre deffaveur
11 ait perdu le goust et la saveur ?
Les fruits d'amour sont de nature telle, Qu'ils plaisent plus en leur saison nouvelle Qu'en leur hyver, d'autant que leur verdeur Ne se meurit jamais par la froideur, Et n'ont le goust ni la couleur si franche, Quand de soy mesme ils lumbent de la branche.
L'amour, Madame, en mon affection Est arrivée à sa perfection.
Et ne pourroit ni le temps ni l'usage Y adjouter un seul poinct davantage.
Doncques pom*quoy en sont les fruits trop verds ? Prenez le cas que cinq ou six hy vers Soient jà passez, et qu'avec longue peine Ils soient venus en accroissance pleine :
De les cueillir on me peut dispenser.
C'est le moyen pour l'amour avancer.
-oo