Dimin. de follet. 3. Dlmin. de museau (Marol
2. Diniiu. de Hoc, pelilc Ijoup- Crachet, Cram. du XVI' «., pe (J. Gl.). p. xiv).
Bref tout son maintien riant Des pieds jusqucs à la teste, Digne d'une telle beste, Meritoieut qu'un chien si beau Ëust un plus riche tombeau.
Son exercice ordinaire Estoit de japper et braire, Courir en haut et en bas, Et faire cent mille esbns, Tous estranges et farouches, Et n'avoit guerre qu'aux mousches, Qui luy faisoient maint tourment :
Mais Peloton dextrement Leur rendoit bien la pareille :
Car, se couchant sur l'oreille, Finement il aguignoit * Quand quelqu'une le poignoit * :
Lors d'une habile souplesse
Happant la mouche traîtresse,
La serroit bien fort dedans,
Faisant accorder ses dens
Au tintin de sa sonnette,
Gomme un clavier d'espinette.
Peloton ne caressoit
Sinon ceux qu'il cognoissoit,
Et n'eust pas voulu repaistre '
D'autre main que de son maistre.
Qu'il alloit tousjours suyvant.
Quelque fois marchoil devant.
Faisant ne scay quelle feste
D'un gay branlement de teste.
Peloton tousjours veilloit
Quand son maistre sommeilloit,
Et ne souilloit point sa couche
Du ventre ni de la bouche,
i. Guigaail*. B. Cf. ÀgueUer. 3. Forme n. pour la forme 2. Piquait*. B. B. réûécliie.
Car sans cesse il gratignoit * Quand ce desir le poignoit :
Tant fut la petite besle En toutes choses honneste.
Le plus grand mal, ce dit-on, Que fist notre Peloton, (Si mal appelle doit estre) C'estoit d'esveiller son maistre, Jappant quelque fois la nuict, Quand il senloit quelque bruict, Ou bien, le voyant escrire. Sauter, pour le faire rire.
Sur la table, et trespigner, FoUastrer et gratigner, Et faire tomber sa plume, Conune il avoit de coustume.
Mais quoy ? nature ne fjit En ce monde rien parfait, Et n'y a chose si belle, Qui n'ait quelque vice en elle.
Peloton ne mangeoit pas De la chair à son repas ; Ses viandes * plus prisées C'estoient miettes brisées, , Que celuy qui le paissoit.
De ses doigts amollissoit :
Aussi sa bouche estoit pleine Tousjours d'une douce haleine.
Mon Dieu ! quel plaisir c'estoit, Quand Peloton se grattoit, Faisant tinter sa sonnette Avec sa teste folettc.
Quel plaisir quand Peloton Cheminoit sur un baston.
Ou coiffé d'un petit linge,
1. Égratignoil (L.« ét^m. } J< % Voy. p. 174. Le sens géné- Cl<). rai est ici ncUcmcnt indiquer
Assis comme un petit singe, Se tenoit mignardelet D'un maintien damoiselet !
Ou sur les pieds de derrière, Portant la pique guerrière, Marchoit d'un front asseuré, Avec un pas mesuré ! '
Ou couché dessus l'eschine, Avec ne sçay quelle mine Il contrefaisoit le mort !
Ou quand il couroit si fort, Qu'il tournoit conmie une boule, Ou un peloton qui roule :
Bref, le petit Peloton Sembloit un petit mouton :
Et ne fut oncq créature De si bénigne nature.
Las ! mais ce doux passe-temps Ne nous dura pas longtemps :
Car la mort ayant envie Sur l'aise de nostre vie, Envoya devers Pluton Nostre petit Peloton, Qui maintenant se pourmeine Parmy ceste ombreuse plaine, Dont nul ne revient vers nous.
Que maudictes soyez-vous, Filandieres de la vie, D'avoir ainsi par envie Envoyé devers Pluton Nostre petit Peloton :
Peloton qui estoit digne D'estre au ciel un nouveau signe.
Tempérant le Chien cruel D'un printemps perpétuel.
m (KUVKES CHOISIKS DE DU BELLAY.