‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 270 sur 274 · Travaillé · texte numérisé non relu

Travaillé

perdu la faveur d'un si bon prince et la présence d'une telle princesse, qui depuis la mort de ce grand roy François, père et restaurateur des bonnes lettres, el^toit demeurée Tunique support et refuge de la vertu et de ceux qui en font profession î Je ne puis continuer plus longuement ce propos sans larmes, je dy les plus vrayes laimes que je pleuray jamais : et je vous prie m'excuser si je me suis laissé transporter si avant à mes passions, qui me sont, comme je m'asseure, conununes avec vous et avec tous ceux qui sont, comme nous, admirateurs de ceste bonne et vertueuse princesse, et qui véritablement se ressentent du regret que son absence doit apporter à tous amatem's de la vertu. Quant k moy (et hoc mihi apud amicum liceai) encore que jusques ici j'aye enduré des indignitez de la fortune autant que pauvre gentilhomme en pourroit endurer : si est-ce que pour perte de biens, d*amis et de santé, et si quelque autre chose nous est plus chère en ce monde, je n'ay jamais esprouvé si grand ennuy que celuy que j'ay dernièrement receu de la mort du feu roy, et du prochain département ^ de Madame, qui estoit le seul appuy et colonne de toute mon espérance. A tout le moins si ceste fascheuse et importune surdité, qui me contraint depuis un mois de demeurer continuellement enfermé en une chambre, eust attendu quelque autre saison et ne m'eust osté si mal à propos le moyen de pouvoir faire la révérence à Madame et luy baiser les mains devant son département, j'aurois moins d'occasion de me plaindre de ma fortune : mais vous ferez, s'il vous plaist, ce devoir pour moy : et ce pendant ne m'eslant permis d'accompaigner ses autres serviteurs en ce voyage, ou partie d'iceluy, je la suyvray avecques prières et vœux pour sa prospérité et santé, et avecques cesie humble affection, révérence et dévotion, que je luy doy, accompagnée d'un perpétuel regret de son absence. Ce qui nie restera de consolation sera une conscience de bonne,

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