Que*. blés de son ouvra},'c
que tous les pères criroyent la honte esirc perdue, si j'osoy' reprendre ou emender * quelque chose en ceux que jeunes ils ont appris, ce que ;e ne veux faire aussi : mais bien soutiens-je, que celuy est trop grand admira-^ teur de lancienneté, qui veut defrauder les jeunes de leur gloire méritée, n'estimant rien, comme dit Horace, sinon ce que la mort a sacré*; comme si le temps, ainsi que les vins, rendoit les poésies meilleures. Les plus recens, raesme ceux qui ont esté nommez par Clément Marot en un certain epigramme à Salel, sont assez cogneus par leurs œuvres; j'y renvoyé les lecteurs pour en faire jugement. Bien diray-je, que Jan le Maire de Belges me semble aToir premier illustré et les Gaules ' et la langue françoise, luy donnant beaucoup de mots et manières de parler poétiques, qui ont bien servy mesmes aux plus excellons de noslre temps. Quant aux modernes , ils seront quelquefois assez nommez, et si j'en vouloy' parler, ce seroit seulement pour faire changer d'opinion à quelques uns, ou trop iniques ou trop sévères estimateurs des choses, qui tous les jours trouvent à reprendre en trois ou quatre des meilleurs, disant, qu'en l'un défaut ce qui est le commencement bien escrire, c'est le sçavoir, et auroit augm3nté sa gloire de la moitié, si de la moitié il eust diminué son livre. L'autre, outre sa rime, qui n'est partout bien riche, est tant dénué de tous ces dcHces et ornemens poétiques, qu'il mérite plus le nom de philosophe que de poêle. Un autre, pour n'avoir encorcs rien mis en lumière sous son nom, ne mérite qu'on luy donne le premier lieu : el semble (disent aucuns) que par les escrits de ceux de son temps, il vueille éterniser son nom, non autrement que Demade est ennobly par la contention de Demosthene, et Hortense de Ciceron : que si on en vou-
i. Amender. Ve est éljjmoL 3. Ronsard avait la mrme ad-
emendare (L., etym. ; N. a les miralion que du Bellay pour le
2 formes. Roman de la rose et VIllu-