Voy. Livet, la Grammaire Va long
françaite et le$ grammairiens 4. Gicéron, de Orat., XX. Nodu XYl* siècle, p. 49. tes de M. L.-L.
ce mot pu6[jLo; est fort ample, et emporte beaucoup d'autres termes, comme xavwv, [/.srpov, p-eXoç £uçwvov, oxoXouOia, ràÇiç, oû-^xpiffi;, regfic, me«ttre, mélodieuse consonance de voix, comecution, ordre et comparaison. Or quant à l'antiquité de ces yers que nous appelions rymez, et que les autres vulgaires ont empruntez de nous, si on adjoute foy à Jan le Maire de Belges, diligent recercheur de l'antiquité, Bardus V, roy des Gaules, en fut inveliteur, et introduisit une secte de poètes nommez bardes, lesquels chantoient mélodieusement leurs rythmes avecques instruments, louant les uns, et blasmant les autres : et estoient (comme tesmoigne Diodore Sicilien en son vi* livre) de si grande estime entre les Gaulois, que si deux armées ennemies estoient prestes à combattre, et lesdits poètes se missent entre deux, la bataille cessoit, et moderoit chacun son ire. Je pourroy' alléguer assez d'autres antiquités, dont nostre langue aujourd'hui est ennoblie, et qui monstrent les histoires n'estre fausses, qui ont dit les Gaules anciennement avoir esté florissantes, non seulement en armes, mais en toutes sortes de sciences et bonnes lettres. Mais cela requiert bien un œuvre entier : et ne seroit, après tant d'excellentes plumes qui en ont escrit, mesmes de nostre temps, que retistre * (connue on dit) la toile de Pénélope. Seulement j'ay bien voulu, et ne me semble mal à propos, monstrer l'antiquité de deux choses fort vulgaires en nostre langue, et non moins anciennes entre lés ' Grecs. L'une est ceste inversion de lettres en un propre nom, qui porte quelque devise convepabfe à la personne, comme en François de Valoys: de façon suys royal; Henry de Valoys : roy es de nul hay. L'autre est en un epigramme, ou quelque autre œuvre poétique, une certaine élection de lettres capitales, disposées en sorte qu'elles portent ou le nom de l'auteur ou quelque sentence. Quant à l'inversion de lettres que les Grecs appellent àva'Ypa|i.|i.(XTi(Tii.o;, l'interprète de Lycophron dit en sa
i. Relisser (L. : Titre; N.).
Tie : en ce temps là florissoit Lycophron, non tant pour la poésie, que pour ce qu'il faisoit des anagrammatismes. Exemple du nom du roy Ptolemée, llToXefx.aîoç, ành ptéXiToç, c'est à dire, Emicllé, ou de miel. De la royne Arsinoë, qui fut femme dudit Ptolemée, ApaivoYi, tpa; lov, c'est à dire la violette de Junon. Arthemidore aussi le Stoique a laissé en son livre des Songes un chapitre de l'Anagrammatisme, où il monstre, que par l'inversion des lettres on peut exposer les songes. Quant à la disposition des lettres capitales, Eusebe, au livre de la Préparation Evangelique dit, que la Sibylle Erythrée avait prophétisé de Jesus-Christ, proposant à chacun de ses vers certaines lettres, qui declaroyent le dernier advenement de Christ. Lesdites lettres portoient ces mots : Jésus , Christua, Servator, Citix. Les vers furent translatez par saint Augustin (et c'est ce qu'on nomme les quinze signes du jugement) lesquels se chantent encore en quelques lieux. Les Grecs appellent ceste préposition de lettres, au commencement des vers, àxooanxt;. Ciceron en parle au livre de Divination, voulant prouver par ceste curieuse diligence que les vers des Sibylles estoient faits par artifices et non par inspiration divine. Ceste mesme antiquité se peut voir en tous les argumens do Plante, dont chacim en ses lettres capitales porte le nom de la comédie.