Tranquille*. R
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Tout ce qu'ici la nature environne Plus tost il naist moins longuement il dure : Le gay printemps s'enrichit de verdure, Mais peu fleurit Thonneur de sa couronne.
L'ire du ciel facilement estonne Les fruits d'esté, qui craignent la froidure : Contre l'hyver ont l'escorce plus dure Les fruits tardifs, ornement de l'automne.
De ton printemps les fleurettes seichées Seront un jour de leur tige arrachées, Non la vertu, l'esprit et la raison.
A ces doux fruicts, en toy meurs * devant l'aage, Ne &it l'esté, ny l'automne dommage, Ny la rigueur de la froide saison.
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Penser volage et léger comme vent, Qui or' * au ciel, or' en mer, or' en terre.
En un moment cours et recours grand' erre, Voire au séjour des ombres bien souvent ;
£n quelque part que voises ^ t'eslevant Ou rabaissant, celle qui me fait guerre.
Celle ^ beauté tousjours devant toy erre.
Et tu la vas d'un léger pied suyvant.
Pourquoy suis-tu (ô penser trop peu sage) Ce qui te nuit? Pourquoy vas-tu sans guide.
Par ce chemin plein d'erreur variable?
Si de parler au moins eusses l'usage, Tu me rendrois de tant de peines vuide, Toy en repos et elle pitoyable.