Horace, Épitres, II, i. triote, est au moins du xv* siè
3. Beau mot dont Charles Fon- cle (L., hist. et étym., ex. dA. taiue a maladroitement critiqué Chartier).
le ciel de celles du grand Hercule), ma muse a pris la hardiesse d'entrer au sacré cabinet de tes sainctes et studieuses occupations : et là, entre tant de riches et excellens vœux de jour en jour dédiez à l'image de ta grandeut, pendre le sien humble et petit, mais toutesfois bien heureux s'il rencontre quelque faveur devant les yeux de ta bonté, semblable à celle des dieux immortels, qui n'ont moins agréables les pauvres présens d'un bien riche vouloir que les superbes et ambitieuses offrandes. C'est, en effect, la Défence et Illustration de nostre langue françoise, à l'entreprise de laquelle rien ne m'a induit que l'affection naturelle envers ma patrie, et à te la dédier, que la grandeur de ton nom : à fin qu'elle se cache (comme sous le bouclier d'Ajax) contre les traicts envenimez de ceste antique ennemie de vertu, sous l'ombre de tes ailes. De toy, dy-je, dont l'incomparable sçavoir, vertu et conduite, toutes les plus grandes choses, de si long temps de tout le monde sont expérimentées, que je ne les sçauroy' plus au vif exprimer, que les couvrant (suivant la ruse de ce noble peintre Timante *) sous le voile de silence. Pource que d'une si grande chose il vaut trop mieux (comme de Carthage disoit T. Live*) se taire du tout que d'en dire peu, reçoy donc avec ceste accoustumée bonté,, qui ne te rend moins aimable entre les plus petits, que ta vertu et auctorité veneralîle entre les plus grands, les premiers fruicts, ou, pour mieux dire, les premières fleurs du printemps de celuy qui en toute révérence et humilité baise les mains de ta R. S., priant le ciel te départir autant d'heureuse et longue vie, et à tes hautes entreprises estre autant favorables , comme ' envers toy il a esté libéral, voire prodigue de ses grâces. Adieu, de Paris, ce 15 de février, 1549.