‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 80 sur 274 · LOUVE · texte numérisé non relu

LOUVE

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Si le pinceau pouvoit monstrer aux yeux Ce que le ciel, les dieux et la nature Ont peint en vous, plus vivante peinture Ne virent oncq' de Grèce les ayeux.

Toy doncq' amant, dont l'œil trop curieux Pren seulement des beautez nourriture, Fiche ta veue en ceste pourtraiture.

Dont la beauté plairoit aux plus beaux dieux.

Mais si la vive et immortelle image Ne te desplait, seule qui le dommage De maladie ou du temps ne doit craindre :

Voy ses escripts, oy son divin sçavoir, Qui mieux au vif l'esprit te fera voir Que le visage Âpelle n'eust sceu peindre.

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Quand la fureur, qui bat les grands coupeaux^, Hors de mon cœur l'Olive arrachera, Avec le chien le loup se couchera.

Fidèle garde aux timides troupeaux;

Le ciel, qui void avec tant de flambeaux.

Le violent de son cours cessera ; Le feu sans chaud et sans clarté sera, Obsciu* le rond des deux astres plus beaux ;

Tous animaux changeront de séjour L'un avec l'autre, et au plus clair du jour Ressemblera la nuict humide et sombre;

Des prez seront semblables les couleurs, La mer sans eau, et lesr forests sans ombre.

Et sans odeur les roses et les fleurs.

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