‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 81 sur 274 · Sommets*. B. B. Imité de Virgile, ou de Théocrite · texte numérisé non relu

Sommets*. B. B. Imité de Virgile, ou de Théocrite

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Yous qui aux bois, aux fleures, aux campagnes, A cry, à cor, et à course hastive, SuyyoK des cerfs la trace fugitive, Àvecq' Diane et les nymphes compagnes ;

Et toy, ô dieu, qui mon rivage bagnes <, As-tu point veu une nymphe craintive.

Qui va menant ma liberté captive Par les sommets des plus hautes montagnes?

Helas ! enfans, si le sort malheureux Vous monstre à nu sa cruelle beauté, Que telle ardeur longuement ne vous tienne.

Trop fiit celuy * chasseur aventureux. Qui de ses chiens senti la cruauté Pour avoir veu la chaste Gpthienne.

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U^ Deq'a la nuict en son parc amassoit Un grand troupeau d'estoilles vagabondes, Et pour entrer aux cavernes profondes.

Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassoit ;

Desja le ciel aux Indes rougissoit.

Et Taube encor, de ses tresses tant blondes Faisant gresler mille perlettes rondes, De ses thresors les prez enrichissoit ;

Quand d'occident, comme une estoille vive.

Je vy sortir dessus ta verde rive, fleuve mien, une nymphe en riant.

Alors voyant ceste nouvelle aurore.

Le jour honteux d'un double tein colore Et Tangevin et l'indique orient.

1. Baignes. Contrairement à ce que la finale aigne se prononçait que dit M. Brochet {Êcriv. du ligne. Yoy. Ronsard, p; 261. XVl* iiècle, p. Lxxxi)i je crois 2. Ce*.

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Seul et pensif par la déserte plaine ResTant au bien qui me fait douloureux.

Les longs baisers des colombs * amoureux Par leur plaisir firent croistre ma peine.

Heureux oiseaux, que vostre vie est pleine De gi'and* douceur'! ô baisers savoureux!

moy deux fois et trois fois malheureux.

Qui n'ay plaisir que d'espérance vaine !

Voyant encor' sur les bords de mon fleuve Du sep lascif les longs embrassemens De mes vieux maux je fis nouvelle espreuve.

Suis-je donc veuf de mes sacrez rameaux?

vigne heureuse, heureux enlacemens, bord heureux, ô bien heureux ormeaux !

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Rendez à Ter ceste couleur qui dore Ces blonds cheveux, rendez mÛ' autres choses, k l'orient tant de perles encloses Et au soleil ces beaux yeux que j'adore.

Rendez ces mains au blanc yvoire encore ; Ce sein au marbre et ces lèvres aux roses, Ces doux souspirs aux fleurettes décloses ' Et ce beau teint à la vermeille aurore.

Rendez aussi à l'Amour tous ses traits.

Et à Venus ses grâces et attraits ; Rendez aux cieux leur céleste harmonie.

Rendez encor ce doux nom à son arbre, Ou aux rochers rendez ce cœur de marbré Et aux lions cest' humble felonnie.

1. Masc. de colombe (L., hist. 2. V. A. Ghénier, p. 108. et élym.). 3. Ouvertes*. R.

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Qui a peu voir la matinale rose ' D'une liqueur céleste emmiellée, Quand la rougeur de blanc entremeslée Sur le naïf de sa branche repose :

Il aura veu incliner toute chose k sa faveur : le pied ne Fa foulée, La main encor' ne l'a point violée Et le trouppeau approcher d'elle n*ose.

Mais si elle est de sa tige arrachée De son beau tein la firaischeur desseichée Perd la faveiur des hommes et des dieux.

Helas! on veut la mienne dévorer Et je ne puis, que de loin, l'adorer Par humbles vers (sans fhiict) ingénieux.

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que l'enfer estroittement enserre Gest ennemi du doux repos humain, De qui premier la sacrilège main Arracha l'or du ventre de la terre.

Gestuy vrayment mena premier la guerre Contre le ciel, ce fier, cest inhumain <^

Tua son père et son frère germain Et iîit puni justement du tonnerre.

peste, ô monstre, ô dieu des maléfices, Par toy premier la cohorte des vices Sortit du creux de la nuict plus profonde *.

Par toy encor' s'en revola d'ici L'antique foy et la justice aussi é

Avec l'amour, l'autre soleil du monde.

1. Cf. Baïf, p. 173; Catulle, 2. Comp.pour superl.,fréquen LXII, 39. dans Bons, et Baïf.

l'OLIVE. 89

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Hais quel hper seiche la verde souche Des saÎDcts rameaux, ombrage de ma vie?

Quel marbre encor', marbre pasle d'envie, Blesmit le tein de la vermeille bouche?

Mais qaeWe main, (pielle pillarde mouche Ravit ses fleurs, c'est toy, fièvre hardie, 1^ Qui fais languir par une maladie,

' Moy en mon ame et madame en sa couche.

toy que mère et marastre on appelle As-tu donc fait une chose si belle Pour la deffaire? ô Dieu qui n'as point d'yeux.

Si contre moy la nature conspire.

Voire le ciel, la fortune et les dieux, ^ Defen au moins l'honneur de ton empire.

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I Cytherée, ô gloire paphienne.

Mère d'amour, vien piteuse ^ à la belle, Qui le secours de tes grâces appelle, Saincte, pudique et chaste Cyprienne.

Soustien aussi, vierge tritonienne, 1 De ton vieux tige * une branche nouvelle :

Toy, qui sortis de la saincte cervelle.

Sage Pallas, Minerve athénienne,

Oyez encor', vous les deux yeux du monde.

L'honneur jumeau de l'isle vagabonde ', Le juste dueil de ce cœur gémissant.

Ainsi * la nuict tes baisers favorise, w Chaste Diane! ainsi Parnasse prise.

Docte Phœbus, ton lamner verdissant.

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