‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 88 sur 274 · Où l'on trouve l'oubli · texte numérisé non relu

Où l'on trouve l'oubli

Mais à son dam* il fit espreuve De l'ennemy le plus puissant.

De coraes sa teste embellie De Tune eut le front desarmé.

Les Naiades l'ont recueillie, Et des plus beaux thresors remplie, Dont le cours de Fan soit semé.

Là sont les vermeillettes roses, Des lys la royale blancheur.

Là les œillets, là sont encloses Mille marguerites decloses * A la matinale frescheur.

Là est la pomme colorée, Là est le citron verdissant.

Là l'olive tant honorée, Là l'orange jaune dorée, Là le beau grenad ' rougissant.

La riche pomme enluminée.

Pris de la plus belle des trois, De ce cor * soit exterminée :

Trop dure fut sa destinée, Qui fut la mort de tant de roys.

Celles par qui la Cyprienne D'Atalante tarda le cours.

Soient dedans ceste corne mienne ; Et face Amour qu'il m'en advienne Contre vous semblable secours.

Ces fleurs je voue à la plus belle, Mon ceil la voit, mon cœur la sent ; Mais je ne diray le nom d'elle :

Chacune se peut juger telle.

Puis qu'à toutes j'en fay présent.

De mille autres icy cachées,

1. A son préjudice (L.; N.; par suite de confus, des mots gré- Malh., p. 64). nade et grenat.

2. OuTcrtes*. A. Corne (L.» hist. et étym; de 3i Grenade; confusi de genre Corne et Cors } Labi Gl.);

Les champs de Gypre sont fournis :

Pour TOUS y furent arrachées Celles qui sont du sang tachées D*Hyacinth*, Narcisse, Adonis.

Venus qui cognoist vos mérites, En son Terger les fit cueillir Par les mains de ses trois Garites :

Ses faveurs ne sont pas petites, Yueillez en gré les recueillir.

La riche corne florissante Je la compare à vos valeurs :

La fleur des ans est périssante.

Et puis la saison rarissante Pallist les vermeilles couleurs.

Les fruicts qui les beautés nourrissent Ne laissez en Tarbre sécher : Cueillir les faut quand ils meurissent.

Aussi sans mourir ils flétrissent, S*on * les veut trop verds arracher.

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