‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 87 sur 274 · CONTRE LES ENVIEUX POÈTES · texte numérisé non relu

CONTRE LES ENVIEUX POÈTES

À p. DE RONSARD

L'or n'est point si précieux, Si ferme n'est point encore Le métal audacieux Qui tous ses frères deyore, Comme un vers qui nous honore.

Les vers sont plus doux que miel, Les vers sont enfans du ciel.

Heureux qui, par un Homère, A donté la mort amere !

Heureux qui pour guide ont eu La louange qui est mère Et fille de la vertu... [48]

Peletier * me fit premier Voir l'ode, dont tu es prince.

Ouvrage non coustiunier Aux mains de nostre province.

Le ciel voulut que j'apprinse* A le raboter ainsi, A toy me joignant aussi, Qui cheminois par la trace De nostre commun Horace, Dont un démon bien apris Les traits, la douceur, la grâce Grava dedans tes escrits.

La France n'avoit qui peust.

Que toy, remonter de cordes

1. Pelletier du Mans. Voy. ci- 2. J'apprisse. Forme encwe dessus, p. 68. usitée au comm. du xvu* s.

De la lyre le yieil fust, Où brayement tu accordes Les douces thebaines odes ; Et humblement je chantay L'Olive, dont je plantay Les immortelles racines.

Par moy les Grâces divines Ont fait sonner assez bien, Sur les rives angevines.

Le sonnet italien... [96]

Volez, bien heureux oyseaux, Messagers de la^victoire, Sur les éternelles eaux Des filles de la mémoire.

Je voy venir la gent noire, Mille corbeaux envieux.

Qui du bord oblivieux *, Et des chauds rivages mores Ici revolant encores, Troublent d*un son éclatant Les nouveaux cygnes qui ores Parla France vont chantant... [48]

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