‹ Œuvres choisies;Chapitre 8 sur 64 · PORCHÈRES D'ARBAUD, COLOMBY · texte numérisé non relu

PORCHÈRES D'ARBAUD, COLOMBY

PORCHÈRES

Illustre Colomby, vrai cousin de Malherbe l. De ton mérite seul glorieux et superbe, Parmi tous les auteurs en voit-on aujourd'hui, Qui puissent approcher, ou de vous, ou de lui ?

derniers vers, qu'il avait trouvés si beaux, et que le roi n'était pas assez riche pour payer tout le reste... Au lieu de : « La cane s'humecter de la bourbe de l'eau, » le cardinal voulut lui persuader de mettre : « Barboter dans la bourbe de l'eau, » etc. (Pelliss., Hist. de VAcad.)

Pour donner plus de ridicule à Colletet, M. de Saint-Évremond emploie ici le terme de cane barbotante. Le Monologue, qui est une assez méchante pièce, est imprimé avant la Comédie des Tuileries ; c'est une description du palais et du jardin des Tuileries tels qu'ils étaient dans ce temps-là. (Des Maizeaux.)

1 François de Cauvigny, sieur de Colomby, était de Caen en Normandie, parent de Malherbe, dont il fut disciple et sectateur... Il avait une charge à la cour, qui n'avait point été avant lui et n'a point été depuis, car il se qualifiait orateur du roi pour les affaires d'État. (Pelliss., Hist. de VAcad.)

COLOMBY

Malherbe ne vit plus ; Berbut n'est plus au monde. « D'ignorance et d'erreur toute la terre abonde S »

PORCHÈRES

Desportes a subi notre commun destin ; Passera t a vécu ; j'ai vu mourir Rapin : Et c'étaient les auteurs dont l'illustre génie Aurait pu faire honneur à notre compagnie.

COLOMBY

Vous savez que j'avais auprès du potentat, La charge d'orateur des affaires d'État.

PORCHÈRES

Et vous n'ignorez pas que j'eus dans la régence, Des nocturnes plaisirs la suprême intendance 2.

COLOMBY

Or, n'étant pas payé de mes appointements,

PORCHÈRES

Détrompé que je suis de tous amusements,

COLOMBY

Je vais faire leçon aux gens de nos provinces Du peu de gain qu'on fait au service des princes

PORCHÈRES

J'abandonne la cour 5, et vais dans chaque lieu Louer la reine mère et blâmer Richelieu.

COLOMBY

Aux auteurs assemblés prenez le soin de dire Que las de mes emplois, enfin je me retire *.

1 Vers de Bertaut, évêque de Séez, mort en 1611.

2 François de Porchères d'Arbaud avait été intendant des plaisirs nocturnes, charge dont il ne restait plus qu'un nom ridicule.

3 Porchères se retira en Bourgogne, où il s'était marie. [Hist, de VAcad. franç)

Saurait-on mêler, dit Balzac écrivant à Chapelain, la raillerie et le tout de bon avec plus d'adresse sur le sujet de l'adieu de M. de Colomby à l'Académie ; de la malédiction qu'il a donnée à son siècle et du peu d'intelligence qui était entre lui et Tacite, au temps même de leur plus grande familiarité? (Lettres de M. de Balzac à M. Chapelain). (D. M.)

DE SAINT-ËVREMOND.

PORCHÈRES

C'est la forme ordinaire : et quiconque a quitté Leur a fait en quittant cette civilité.

COLOMBY

Vous direz de ma part, sans aucune autre forme, Qu'au lieu de réformer les mots, je me réforme.

TORCHÈRES

Je traiterai la chose un peu moins durement, Et leur ferai pour moi le môme compliment.

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