SCËNE XII. - LE MAGICIEN
Ain : Ciel , l'univers , etc.
Que l'univers apprenne ma vengeance!
Sortez, démons, brisez, brisez vos fers : De la folle qui m'offense Venez punir les travers; Nulle indulgence Pour les pervers :
Et toi, noir souveraine De la caverne souterraine, Entre en ma peine, Et venge mon chagrin.
Air : Des Folies d'Espagne.
On traite ici de fables ridicules Ce que l'on dit de ton pouvoir fatal ; Viens avec moi, confonds les incrédules Qui se moquoient du séjour infernal.
Air : On vit des démons.
Sous des traits badins Accourez , lutins, Accourez, troupe formidable; Mais prenez une figure aimable.
Démons de nos colifichets.
Démons de nos abbés coquets.
Démons de nos galants plumets, Démons chicaneurs du palais, Lure lure et lure,
Et flon flon fion, Ayez-en le ton Et l'allure.
(Les démons paroissent en abbés, en plumets, en procurjurs. Ils dansent siii l'air : Courez vite, prenez le patron. Ici un pas de ballet de la Vengeance , dont l'habillement est couvert de masques; dans une main des serpents; da^^ l'autre, un masque qui couvre un poignard.) La contredanse reprend. Un démon s'avance un tison à la main, et dit :
Air : Sur un sofa.
Nous accourons Du fond de nos antres profonds;
68 LE DIABLE A QUATRK.
Réponds, Et sois prompt :
Veux-tu la guerre ou la paix?
LE MACfICIEN.
Paix.
Air : Au fond de mon caveaa.
Aussitôt que la nuit Rendra ce lieu plus sombre Il faut aller sans bruit
Au lit, I
A la faveur de l'ombre, ^
Enlever hors de ce logis La femme du marquis; La porter aussitôt Dans le lit de Margot, Sous le toit de Jacquot , Et mettre Margot à la place Dans ce logis.
Change jusqu'aux habits; Les maris, Endormis, Doivent en ignorer la trace.
Vite, obéis.
Que sous les traits de Margot elle apprenne à devenir doi te comme elle; et que Margot, sous les traits de la marquise, reçoive la récompense de sa douceur. Pour nous allons chez le fermier.