ACTE IT, SCÈNE II
MAlTRE JACQUES.
; Voici les dragons qui viennent.
Fais excuse, ou point de grilce.
LUCILE
Pourquoi donc ces coups?
MAÎTRE JACQUES
Vous injurier en facel
Oui, je veux qu'elle le fasse.
Vite à genoux;
Vite à genoux.
^A MARQUISE. — Oh, ciel!
MAÎTRE JACQUES. — VeUX-tU?
LA MARQUISE. — Nou , jamais.
LUCILE. — Maître Jacques, laissez votre femme, je la crois folle.
MAÎTRE JACQUES. — Nou, je le veux.
LA MARQUISE. — Que faire? que devenir? je meurs de douleur.
MAÎTRE JACQUES, la jetant à genoux. — Tu mourras de ma main avant.... Mademoiselle Lucile! veux-tu dire?
LA MARQUISE, à çenoux sur ses talons. — Mademoiselle! Oh, quelle indignité !
MAÎTRE JACQUES. — Quelle indignité! à moi!
LA MARQUISE. — Frapper une femme de condition!
MAÎTRE JACQUES. — Frapper une femme de condition,' et une pratique encore !
LUCILE. — Maître Jacques, je le lui pardonne.
MAÎTRE JACQUES. — Je crois qu'on l'a ensorcelée.
Air : Non , je ne ferai pas.
Non, je ne conçois pas son excès d'insolence. Pour elle heureusement j'ai de la patience; Je suis la douceur même; un autre, en pareil cas, Iroit prendre un bâton ; mais je ne m'en sers pas.
Oh, si j'étois gris!
LUCILE. — Adieu, maître Jacques.
MAÎTRE JACQUES rcconduit Lucile, et cependant la marquise veut s'échapper. — Où veux-tu aller? à l'ouvrage, coquine!
LA MARQUISE
Air : Un jour que j'avois mal dansé.
Je ne sais plus que devenir, Si d'ici je pouvois sortir;
Ils ferment le passage : Dans mon dépit, dans ma fureur....
Oui, je sens naître dans mon cœur
Mille transports de rage.
Je suis meurtrie : il vient; je tremble de frayeur • le scélérat!
76 r.E DIABLE A O^-J'ATRE.