SCÈNE II. — LA MARQUISE, maItre JACQUES, LUCILE
MAtTRE JACQUES. — Qui VOUS amène si matin, mademoiselle?
LUCILE. — C'est pour mes pantoufles; je suis accourue avant que madame fût réveillée.
LA MARQUISE , à part. — Ils se couperont.
MAÎTRE JACQUES. — Je les aurois envoyées; mais ma coquine s'est amusée avec un docteur, un magicien.
LA MARQUISE, à paît. — Ce docteur, ce magicien d'hier; voilà le nœud.
LUCILE. — Je ne l'ai pas vue, votre femme.
MAÎTRE JACQUES. — Votre maîtresse fait-elle encore le sabbat?
LUCILE. — Ah! c'est pis que jamais.
Air : Quand l'auteur de la nature
Elle fait le diable à quatre.
Elle ne sait que crier et battre; Dans sa tête Toujours prête A songer Comment faire enrager.
MAÎTRE JACQUES. — C'est comme chez nous : et que fait jn mari?
LUCILE
Son mari d'un parfait mérite , N'en éprouve que du tourment :
Tout l'agite.
Tout l'iirite; On ne l'aborde qu'en tremblant.
Que quelque chose la dépite; Elle prend son air insolent; Elle fait le diable, etc.
LA maSquise. — Ah, coquine! (A part.) Lucile, me reconnaissezvous?
LUCILE. — Maître Jacques, c'est là votre femme?
LA MARQUISE. — Ah! tu ne reconnois pas ta maîtresse? (Elle la bat. Ah, misérable!
LUCILE. — Ah, maître Jacques !
MAÎTRE JACQUES. — Ah, double chienne !
LUCILE. — Ah, vous me frappez!
LA MARQUISE. — Ah , tu me frappes !
MAÎTRE JACQUES. — Ah, tu frappes! à genoux tout à l'heure.
LA MARQUISE. - Comment, à geiioux?