SCÈNE II. — LE ROI, l'épée à la main, elle est dans le fourreau. j
(Il est en bottines.) '
ARIETTE. i
Je me suis égaré, sans doute. I
Quelle nuit! quelle ob.scurité! ' ''
Personne en ce bois écarté Ne peut m'enseigner une route?
Quelle nuit, quelle obscurité Hélas! dans cette Inquiétude Que me servent la royauté , Et le trône, et la majesté?
La majesté!
Je n:.e meurs de fatigue en cette extrémité Et je tombe de lassitude.
Arrêtons un instant.... recueillons mes esprits....
Où vais-je...? où suis-je...? rien n'annonw Par où je puis sortir de la peine où je suis :
Plus je marche et plus je m'enfonce
Dans l'épaisseur de ces taillis.
Encor, si je voyais quelque foible lumière Qui m'indiquât le plus humble réduit Où je puisse passer la nuit?
Moi, souverain de l'Angleterre, !\Ioi, qui de mes ^wlais ai surchargé la terre, Aurois-je jamais cru que je serois réduit
A désirer une chaumière,
A désirer le plus humble réduit! ' ,
Ain. I
Dans les combats le bruit des armes, Le canon, la fureur, les cris des combattants^ Loin de m'inspirer des alarmes, Portent la flamme dans mes sens.
Et ce triste et profond silence, La vaste horreur de ces forêts,