‹ Œuvres choisiesChapitre 160 sur 454 · SCÈNE IL — LUCAS, MATHURINE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL — LUCAS, MATHURINE

MATHuniNE entre sur la scène en riant. — Ha, ha, ha! Lucas qui s'assomme de coups. Comment, Lucas, vous vous battez? je ne voudrois pas être votre femme. Si vous vous battez vous-même, que lui feriez-vous donc?

LUCAS. — Cependant, Mathurine, j'ai à vous proposer.

MAinuniNE. — A me proposer! Non, je ne veux pas de vous.

LUCAS. — C'est que je suis amoureux.

MATUUIUNE. — Et vous aimez à battre, quand vous êtes amoureux?

LUCAS. — Tenez, Mathurine, il n'y a qu'un mot qui serve. Vouiezvous de moi...?

MATHURINE. — Dc VOUS ! de VOUS ! de vous! Mais, mais, il y a à y penser.

LUCAS. — Voulez-vous de moi pour votre gendre?

MATHUBiNE. — Ah! c'est dc ma fille.

LUCAS. — Oui, commère, c'est de votre fille; c'est de Babet, c'esJ de cette belle enfant.

MATHURINE. — Hé! VOUS disicz tant que le mariage étoit une chaîne, et qu'il ne falloit jamais s'enchaîner.

LUCAS. — Ah! je n'avois pas regardé Babet.

MATHURINE. — Lucas, Lucas.

ARIETTE

11 faut s'aimer pour s'épouser.

Vous l'aimez : mais vous aime-t-elle? Lucas, la chaîne n'est pas telle Qu'il soit aisé de la briser.

Je ne contrains pas ma fille.

Elle est douce, elle est gentille;

Mais celui qu'elle aimera

Sera celui qu'elle aura.

Alors si dans son ménage

Il arrive du tapage

Je compte lui dire ainsi :

Tu l'as voulu, restes-y.

Il faut s'aimer, etc.

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