‹ Œuvres choisiesChapitre 174 sur 454 · COUN. MATHURINE · texte numérisé non relu

COUN. MATHURINE

Je n'entends que des sabots

Taisez-vous, taisez-vous tous, Taisez-vous tous, taisez-vous tous,

tous.

Vous donneriez une alarme.

Grands dieux ! c'est pis qu'un enfer.

A.i-je la tête de fer, Pour entendre un tel vacarme?

Mes sabots, etc.

MATHURINE. — Parlez donc l'un après l'autre, si vous voulez que je vous entende.

LUCAS. — Elle a pris les sabots de Colin.

BABET. — Lucas m'avoit pris les miens.

LUCAS. — Elle cueilloit mes cerises.

BABET. — Les voilà par terre.

LUCAS. — Je suis au désespoir. Mathurine, votre fille a fait une sottise.

MATHURINE. — Qu'est-ce que cela veut dire? Une sottise! jarnombille! si je savois....

BABET. — Hé non , ma mère !

LUCAS. — Elle me prenoit mes cerises.

MATHURINE. — Hé bien! je vous les payerons.

LUCAS. — Hé, ce n'est pas cela : je lui ai pris ses sabots.

MATHURINE, à Lucas. — Voilà qui n'est pas bien, entendez- vous?

LUCAS. — Ce n'est pas là tout; c'est Colin, pour revenir, qui lui a donné les siens.

MATHURINE. — C'est à propos. Vouliez-vous qu'il la laissât revenir nu-pieds?

LUCAS. — Elle a été lui en chercher d'autres.

MATHURINE. — Voyez la faute!

LUCAS. — Ce n'est pas tout ; elle lui a donné son tablier pour le couvrir pendant la pluie.

MATHURINE. — Mais OÙ est donc la sottise?

LUCAS. — C'est qu'elle aime Colin.

BABET. — Hé bien! oui, je l'aime; oui, je l'aime.

COLIN. — Ah, Babet, que je suis content!

BABET. — Et si ma mère veut, je n'en aurai jamais d'autre que lui.

MATHURINE. — Je le veux bien, il est serviable; et qui sème bien, recueille bien.

BABET. — 11 m'a donné son pain, il m'a donné ses cerises, il m'a donné ses sabots, et bien à propos encore!

COLIN. — Ah! Je voudrois vous donner.... ah, Babet, que ne vous donnerois-je pas:

LUCAS. — Comment, vous accorderiez votre fille à Colin?

MATHURINE. — OU'

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