COUN. MATHURINE
Je n'entends que des sabots
Taisez-vous, taisez-vous tous, Taisez-vous tous, taisez-vous tous,
tous.
Vous donneriez une alarme.
Grands dieux ! c'est pis qu'un enfer.
A.i-je la tête de fer, Pour entendre un tel vacarme?
Mes sabots, etc.
MATHURINE. — Parlez donc l'un après l'autre, si vous voulez que je vous entende.
LUCAS. — Elle a pris les sabots de Colin.
BABET. — Lucas m'avoit pris les miens.
LUCAS. — Elle cueilloit mes cerises.
BABET. — Les voilà par terre.
LUCAS. — Je suis au désespoir. Mathurine, votre fille a fait une sottise.
MATHURINE. — Qu'est-ce que cela veut dire? Une sottise! jarnombille! si je savois....
BABET. — Hé non , ma mère !
LUCAS. — Elle me prenoit mes cerises.
MATHURINE. — Hé bien! je vous les payerons.
LUCAS. — Hé, ce n'est pas cela : je lui ai pris ses sabots.
MATHURINE, à Lucas. — Voilà qui n'est pas bien, entendez- vous?
LUCAS. — Ce n'est pas là tout; c'est Colin, pour revenir, qui lui a donné les siens.
MATHURINE. — C'est à propos. Vouliez-vous qu'il la laissât revenir nu-pieds?
LUCAS. — Elle a été lui en chercher d'autres.
MATHURINE. — Voyez la faute!
LUCAS. — Ce n'est pas tout ; elle lui a donné son tablier pour le couvrir pendant la pluie.
MATHURINE. — Mais OÙ est donc la sottise?
LUCAS. — C'est qu'elle aime Colin.
BABET. — Hé bien! oui, je l'aime; oui, je l'aime.
COLIN. — Ah, Babet, que je suis content!
BABET. — Et si ma mère veut, je n'en aurai jamais d'autre que lui.
MATHURINE. — Je le veux bien, il est serviable; et qui sème bien, recueille bien.
BABET. — 11 m'a donné son pain, il m'a donné ses cerises, il m'a donné ses sabots, et bien à propos encore!
COLIN. — Ah! Je voudrois vous donner.... ah, Babet, que ne vous donnerois-je pas:
LUCAS. — Comment, vous accorderiez votre fille à Colin?
MATHURINE. — OU'