SCÈNE xm
LUCAS. — Comment, je ne verrois plus Babet?
MATHURINE. — Non.
LUCAS. — Non , non ! Non , c'est inutile ; j'aime trop Babet. Si je ne la voyois plus, je mourrois. Il y a un biais à tout : tenez, Mathurine, marions-nous; et si je ne peux faire l'amour à Babet, je peux lui faire du bien un jour à venir.
BABET. — Et je vous aimerai bien comme mon beau-père.
LUCAS. — Qu'en dites-vous, Mathurine?
MATHURINE. — Hé mais! compère, c'est faisable.
LUCAS. — Oui, c'est faisable. Ils sont tous chez nous pour soupe:, on ne se moquera pas de moi. Je verrai Babet : car, tenez, Mathurine satigué, tatigué, toute cette ardeur-là ne se passera qu'avec vous.
MATHURINE. — Soit, compère; ça me paroi t plus à propos que d'e, pouser ma fille; et il n'est rien tel que de faire les choses à propos.
VAUDEVILLE
MATHURINE
En amour, comme en afTaire, C'est l'à-propos qui fait tout :
Aux choses faites pour plaire, C'est lui qui donne le goût.
Si Colin enfin décide Une berg&re timide.
C'est qu'il lui donne â propos Et son pam et ses sabots.