‹ Œuvres choisiesChapitre 18 sur 454 · SCÈNE VI. — M. VANDERK père, M. VANDERK fils · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — M. VANDERK père, M. VANDERK fils

M. VANDERK FILS. — Mou père, je vous prie de pardonner à mes réflexions.

M. VANDERK PÈRE. — Il vaut mieux les dire que les taire.

M. VANDERK FILS. — Peut-être avec trop de vivacité.

M. VANDERK PÈRE. — C'est de votre âge : vous allez voir ici une femme qui a bien plus de vivacité que vous sur cet article. Quiconque n'est pis militaire n'est rien.

M. VANDERK FILS. — Qui doUC ?

M. VANDERK PÈRE. — Votre tante, ma propre sœur; elle devroit être arrivée ; c'est en vain que je l'ai établie honorablement : elle est veuve à présent et sans enfants; elle jouit de tous les revenus des biens que je vous ai achetés, je l'ai comblée de tout ce que j'ai cru devoir satisfaire ses vœux : cependant elle ne me pardonnera jamais l'état que

j'ai pris; et lorsque mes dons ne profanent pas ses mains, le nom de frère profanerait ses lèvres : elle est cependant la meilleure de toutes les femmes; mais voilà comme un honneur de préjugé étouffe les sentiments de la nature et de la reconnaissance.

M. VANDERK FILS. — Mais , moH père, ù. votre place, je ne lui parvlonnerois jamais.

M. VANDERK PÈRE. — Pourquoi? Elle est ainsi, mon fils; c'est une faiblesse en e'ie, c'est de l'honneur malentendu, mais c'est toujours ■le l'honneur.

M. VANDERK FILS. — Vous ne m'aviez jamais parlé de cette tante.

M. VANDERK PÈRE. — Ce silence entroit dans mon système à votre égard; elle vit dans le fond du Berri ; elle n'y soutient qu'avec trop Je hauteur le nom de nos ancêtres; et l'idée de noblesse est si forte en elle, que je ne lui aurois pas persuadé de venir au mariage de votre sœur, si je ne lui avois écrit qu'elle épouse un homme de qualité; encore a-t-elle mis des conditions singulières.

M. VANDERK FILS. — Dos conditions!

M. VANDERK PÈRE. — Mou cher frère, m'écrit-elle, j'irai; mais ne seroit-il pas mieux que je ne passasse que pour une parente éloignée lie votre femme, pour une protectrice de la famille? Elle appuie cela de tous les mauvais raisonnements qui.... J'entends une voiture.

M. VANDERK FILS. — Je vais voir.

SCÈNE VU.— M. VANDERK père, Mme VANDERK, M. VANDERK FILS, LE GENDRE, SOPHIE.

MADAME VANDERK. — Voici , je crois, ma belle-sœur. M. VANDERK PÈRE. — Il faut voir.

SOPHIE. — Voici matante.

M. VANDERK PÈRE. — Restez ici, je vais au-devant d'elle. LE GENDRE. — Vous accompagnerai -je ?

M. VANDERK PÈRE. — Nou, restez. Victorine. éclairez-moi. {Victorine prend un flambeau , et passe derant.)

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