SCÈNE III. — ALEXIS, MONTAUCIEL. {Montauciel est un peu pris
de xnn.)
MONTAUCIEL. —Camarade, vous me demandez?
ALEXIS. — Moi? non.
MONTAUCIEL. — Ah, que si.... La maison? hé, la maison? nous allons boire un coup ensemble; nous allons renouer connoissance, si nous nous connoissons; ou nous allons la faire, si nous ne nous connoissons pas : cela revient au môme.
ALEXIS. — Savez-vous si on peut avoir ici une feuille de papier pour écrire?
MONTAUCIEL. — Ah, quooui. je vous aurai ça. Hé, la maison, la maison? Mais, sarpebleu ! vous avez eu un tort, vous avez eu deux torts, vous avez eu trois torts : le premier, c'est de déserter-, le second c'est d'en convenir. Montauciel n'est qu'une bête :mais, à votre place, ç'auroit été mon sergent, mon général, mon caporal, je leur aurois dit : «Non, je ne déserte pas; non, sarpebleu! Montauciel ne déserte pas. 3J Hé , la maison? {Il va 'pendant la, ritournelle, comme s'il appelait, et il revient.)
Je ne déserterai jamais,
Jamais que pour aller boire Que pour aller boire à longs traits De l'eau du fleuve où l'on perd la mémoire.
Il est permis d'être parfois Infidèle à son inhumaine; Mais c'est blesser toutes les lois Que de l'être à son capitaine.
Je ne déserterai , etc.
SCENE IV. — MONTAUCIEL, ALEXIS, LE GEÔLIER apporte une pinte et des gobelets d'étain.
LE GEÔLIER. — Il y a là une jeune fille qui demande un soldat. C'est sans doute toi, Montauciel?
MONTAUCIEL. — Oui , c'est pouF moi : fais-la venir, elle ne sera pas de trop. Pour en revenir.,., ([l lève la pinte, et la repose en regardant Louise.) Diable ! elle est gentille.