‹ Œuvres choisiesChapitre 194 sur 454 · SCÈNE VIII. — ALEXIS, LOUISE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII. — ALEXIS, LOUISE

ALEXIS. — Ah ! ce n'est pas à toi à qui j'en veux, c'est à ton père.

LOUISE. — Il est vrai que mon père....

ALEXIS. —Ce vieillard infâme 1 Son avarice n'a pu, sans doute, tenir contre un peu d'argent. C'est contre de l'argent qu'il troque le bonheur de deux personnes, qui ne se seroient occupées que du sien. Il plonge en des remords, en des tourments affreux.... car tu m'aimes encore, et tu m'aimeras toujours. H fait le malheur de trois personnes, à qui il n'est plus permis d'être heureuses. Pour moi, tout est dit. Mais toi, et ton mari.... Ce lâche 1 il te permet de venir me voir le surlendemain de ta noce : il te permet de venir voir un soldat qui t'aime, qui'l sait bien que tu as aimé; et dans une prison, que sans toi.... Va, je ne t'en veux pas. Ah, Louise! je t'aime encore : puisses-tu ne jamais te souvenir de moi !

LOUISE. — Alexis !

ALEXIS. — Mais, avec quel front, avec quelle tranquillité....

LOUISE. — Je ne serois pas si tranquille, si j'étois coupable.

ALEXIS. — Perfide!

LOUISE. — Je jouis de ton erreur.

ALEXIS. — De mon err....

LOUISE. — Je peux t'apaiser d'un mot.

ALEXIS. — D'un mot! dis-le, si tu l'oses.

LOUISE. — Je ne suis pas mariée.

ALEXIS. — Tu....

LOUISE. — C'est mon père qui a voulu....

ALEXIS. — Infâme! que m'importe, toi ou lui?

LOUISE, — Mme la duchesse....

ALEXIS. — As-tu osé paroi tre devant elle?

LOUISE. — C'est elle qui a ordonné ceoi.

ALEXIS. — Quoi ?

LOUISE. — Elle a ordonné à mon père de te faire croire (jue j'étois la mariée.

ALEXIS. —Que veux-tu dire?

LOUISE. — Oui, elle a ordonné cette noce, ces instruments, celte fête, ces apprêts. On avoit aposté cette petite fille, qui t'a parlé, pour te tromper; et tout cela n'étoit qu'un jeu.

ALEXIS tombe sur un escabeau, les mains étendues sur la table. — Qu'un jeu!

LOUISE

AKIETTE '.

Dans quel trouble te plonge Ce que je te dis là?

Puisque c'est un mensonge, Que t'importe cela?

Cette ruse cruelle, Ne doit plus t'offenser.

Toi, me croire infidèle I Pouvois-tu le penser?

Vivre, et t'aimer, sont pour moi même chose;

Et quels quo soient les devoirs que m'impose Le serment dont j'attends notre félicité, 11 n'ajoutera rien à ma fidélité.

Je t'aimerai toute ma vie.

J'en jure par ta main que je presse; je prie r.e ciel de nous unir par un même trépas, Ou puissé-je du moins expirer dans tes bras!

»Mais ta peine redouble, Et semble s'augmenter; Que veut dire ce trouble?

Qui peut te tourmenter?

Cette ruse cruelle Ne doit plus t'offenser.

Toi . me croire infidèle l Louise, Louise, infidèle!

Méchant, méchant, pouvois-tu le penferî

1. Si l'on jouoit cette scène sans musique, j'aimerois mieux que l'on conservât ceci , tel que je l'avois fait :

Dans quel trouble te vois-je! Ai-je pu t'offenser Par cette ruse? Hélas 1 je la voyois cruelle.

Louise, Louise infidèle!

Méchant, pouvois-tu le penser?

Vivre et t'aimer, etc.

S, Mais ton trouble s'augmente ! Ai-je pu t'offenser

Par cette ruse? Hélas 1 je la voyois cruelle. Louise, Louise infidèle!

Méchant, méchant, pouvois-tu le penscrt

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