ACTE 11, SCÈNE IX. l
SCÈNE IX.— Les pré/)ébents, M. VANDERK père, LA TANTE, un LAQUAIS en veste, une ceinture de soie, botté, un fouet sur l'épaule; cependant il porte la rohe de la tante.
LA TANTE. — Ah! j'ai les yeux éblouis, écartez ces flambeaux; point d'ordre sur les routes, je devrois être ici il y a deux heures : soyez de condition, n'en soyez pas, une duchesse, une financière, c'est égal; des chevaux terribles, mes femmes ont eu des peurs : laissez ma robe, vous. Ah! c'est madame Vanderit 1 {Mme Vanderk avance, la salue, l'embrasse, et met de la hauteur.)
MADAME VANDERK.— Madame, voici ma fille que j'ai l'honneur de vous présenter. (La tante fait une révérence, et n'embrasse pas.)
LA TANTE, à M. Yandcrlc père. — Quel est ce monsieur noir, et ce jeune homme?
M. VANDERK PÈRE. — C'est mon gendre futur.
LA TANTE , en regardant le fils. — Il ne faut que des yeux pour juger qu'il est d'un sang noble.
M. VA>iDERK PÈRE. — Ne trouvez-vous pas qu'il a quelque chose du grand-père ?
LA TANTE. — Quelquc chose.... oui, le front : il est sans doute avancé dans le service ?
M. VANDERK PÈRE. — Non, il cst trop jeune.
LA TANTE. — Il a sans doute un régiment?
M. VANDERK PÈRE. — Non.
LA TANTE. — Pourquoi donc?
M. VANDERK PÈRE. — Lorsque par ses services il aura mérité la faveur de la cour, je suis tout prêt.
LA TANTE. — Vous avez eu vos raisons : il est fort bien : votre fille i'aime sans doute?
M. VANDERK PÈRE. — Oui , ils s'aiment beaucoup.
LA TANTE. — Moi, je me serois peu embarrassée de cet amour-là, et j'aurois voulu que mon gendre eût eu un rang avant de lui donner ma fille.
M. VANDERK PÈRE. — Il est président.
LA TANTE. — Président! pourquoi porte-t-il l'épée?
M. VANDERK PÈRE. — Qui? voici mcu gendre futur !
LA TANTE. — CcLi ! Monsieur est donc de robe?
LE CENDRE. — Oui , madame, et je m'en fais honneur.
LA TANTE. — Monsieur, il y a dans la robe des personnes qui tiennent à ce qu'il y a de mieux
LE CENDRE. — Et qui le sont, madame.
LA TANTE, au père. — Vous ne m'aviez pas écrit que c'étoit un homme de robe. {Au gendre.) Je vous fais, monsieur, mon compliment, je suis charmée de vous voir uni à une famille....
LE GENDRE. — Madame.
LA TANTE. — A Une famille à laquelle je prends le plus vif intérêt.
LE GENDRE. — Madame.
LA TANTE. --Mademoiselle a dans toute sa personne un air, une grâce .
un-a modestie , élis sera dignement madame la présidente. Et ce jeune monsieur? (Regardant le fils.)
M. VANDERK PÈRE. — C'CSt mOH fils.
LA TANTE. — Votre fils .' votre fils! vous ne me le dites pas.... c'est mon neveu! Ahl il est charmant, il est charmant! embrassez -moi, , mon cher enfant. Ah! vous avez raison, c'est tout le portrait de mon grand-père; il m'a saisie, ses yeux, son front, l'air noble : ah, mon frère! ah, monsieur! je veux l'emmener, je veux le laire connoUre dans la province , je le présenterai : ah ! il est charmant !
MADAME VANDERK. — Madame, voulez-vous passer dans votre appartement?
M. VANDERK PÈRE. — On va VOUS servir.
LA TANTE. — Ah! mon lit, mon lit et un bouillon. Ah! ;1 est charmant : je le retiens demain pour me donner la main. Bonsoir, mon cher neveu, bonsoir.
M. VANDERK FILS. — Ma chèrs tante, je vous souhaite....