SCÈNE I. - LA TANTE, JEANNETTE, BERTRAND
LA TANTE.— Oui , c'est ta faute : sitôt que tu l'as vu si fâché, que ne lui as-tu dit que ce n'étoit pas vrai ?
JEANNETTE. — Est-co qu'ou ne m'avoit pas défendu de le d\re?
LA TANTE. — Oui, mais ensuite, ensuite?
JEANNETTE. — Il Hc m'a pas seulement laissé commencer ma chanson.
LA TANTE. — Hé bienl falloit toujours lui dire.
BERTRAND. — C'est VOUS quï avez voulu tout cela. Oui , c'est vous qui êtes la cause de sa mort.
LA TANTE. — La cause de sa morti Ah, ciell peux-tu dire une pareille chose ? La cause de sa mort.
BERTRAND. — Oui , 11 ost bien temps.
LA TANTE. — Et toi , graud lâche, grand misérable que tu es, quand on te dit de courir apris lui, tu fais semblant d'y aller.
BERTRAND. — C'cst moi qui étois le marié : est-ce que je pouvois quitter?
LA TANTE. — Ah, fusses-tu k sa place !
BERTRAND. — A sa place ? ah, je n'aurois pas fait comme lui 1 je me serois bien informé à tout le monde.
LA TANTE. — Ah, cicl ! ah I je le pleurerai, je le pleurerai toute ma vie, oui, toute ma vie.... Quoi I«(Ce pauvre Alexis....
JEANNETTE. — Eh, ma marraine, ne pleurez donc pas comme ça!
BERTRAND. — Ah, le voici 1
LA TANTE. — Comme il est changé
BERTRAND. — Comme il est triste 1