SCÈNE IX. —ROSE, PIERRE, MATHURIN
DUO
MATHURIN
Ah, ah, ah! comme il y viendra!
Comme il y viendra !
La vieillesse a mis un terme A cette vigueur-là.
Vous n'avez plus le poignet ferme :
Soyez certain de cela.
Bon, bon! ahi , fort!
Bon, bon! encor plus fort!
Donnez, donnez, père Leroux.
Oui , c'est à nous , oui , c'est à nous
Qu'il appartient encor Un plus heureux effort.
J'ai plus que vous le poignet ferme ; Soyez certain de cela.
M'y voilà.
Non.
Bon, bon, bon!
M'y voilà.... non.
Ce n'est plus nous.
Ce n'est plus nous. Ami, ami, laissons cela; La vieillesse nous dit : « Holà! »
Laissons à nos enfants Faire ce qu'on fait à vingt ans.
PIERRE
J'ai bien encor le poignet ferme; Soyez certain de cela.
.! non.
M'y voilà..
Bon.... non.
Tenez, prenez; Voyons , à vous.
Voyons , à vous.
Ah, ah! comme il y viendra!
La vieillesse a mis un terme A cette vigueur-là.
Vous n'avez plus le poignet ferme; Soyez certain de cela.
Bon, bon! ahi, fort!
Ahi, fort!
Eh bien, eh bien! étoit-ce à vous Que convenoit encor Un plus heureux effort?
Laissons cela :
La vieillesse nous dit : a Holà ! »
Laissons à nos enfants
Faire ce qu'on fait à vingt ans.
(En se retournant pendant la ritournelle, ils aperçoivent Rose, qui peut les avoir écoutés. Ils se retirent, l'un d'un côté du théâtre, et l'autre de l'autre; ils frappent du pied, ruminent, et feignent la plus grande colère.)
piuRRE. — Morbleu! elle nous a entendus. MATHURIN. — QueUe imprudence !
PIERRE. — 0, ciel!
MATHURIN. — Pierre Leroux?
PIERRE. — Mathurin MATHURIN. — Vous êtes un coquin.
PIERRE. — Tu me le payeras. (Ils se promènent comme des furieur; 7îo<o se lève, range sa chaise, les regarde, et commence le trio.^
TRIO
ROSE
PIERRE
Mais, mais ils sont en
courrou.x :
Oui , je les crois en co-
Oui, je me moque de
lère.
vous,
Mon père,
Je me ris do ta famille ;
Mon père,
Ta fille, ta fin
Pierre Leroux!
N'est rien pour nous.
0, ciel! ô ciel!
Je ris, je ris
Pourquoi, pourquoi?
De ton courroux.
Dites-moi,
Dites-moi.
Ah, ah, ah, ah, ciel!
Oui, je me moque de
Pourquoi vous mettre
vous.
en courroux?
(A part.)
Pourquoi vous mettre
Bien, bien, bien!
en colère?
Oui, je me moque de
Mon père.
vous
Mon père,
Je me ris de ta famille;
Pierre Leroux!
Ta fille, ta fille
Mon père, mon père !
N'est rien pournous.
Mais dites- moi flonc
pourquoi.
Suis-je fou?
Suis-je fou?
C'est de moi ,
Pour vous, non, ja-
C'est de moi :
mais.
MATHDRIN,
Mais pourquoi?
Pourquoi sortir?
Pourquoi....
Ah, quel effroi!
Je vais mourir.
Eh! pourquoi tout ce
courroux?
l'ourquoi vous mettre
en colère?
Mon père,
Pierre Leroux!
Si j'en croyois mon
courroux....
Oui, la main, la main
me grille :
Ma fille
N'est pas pour vous.
( A part.) Bien, bien!
Si ce n'étoit ma fille....
C'est bien moi qui se-
rois fou, Et ma fille
Est trop gentille :
Ma fille n'est pas pour
TOUS
Veux-tu, veux -tu sortir?
Prends garde à toi.
(bis.) Veux-tu sortir?
Bien, bien!
Prends garde (bis.)
à toi.
Bien, bien, très-bien! Bien, bien, bien!
Sors, sors, sors, sors. Sors, sors, sors.
Je veux que do mille S'il passe devant ma
coups, porte. ..i
Et que le diable m'emporta,