SCENE Xin
Au bois d'amour :
• Aimez, aimez-moi, Mon petit roi. »
Ah, ah! r'montez vos jambes, car on les voi.
( Colas soutenu par cette cheville, en remontant ses jambes, perd l'équilibre ; il tombe sur la table, de la table par terre, et il entraine avec lui la selle e' la bride qui sont sur une cheville à côté.)
ROSE. — Ah, ciel! ah, Colas!
MATHURiN. — Qui est là? qui est là? qu'est-ce que cela? qu'est-ce que cela? quel bruit! quel vacarme!
ROSE. — Mon père.... Colas....
COLAS, — C'est moi, c'est moi.
MATHURIN. — Hé bien! qu'est-ce que tu veux, toi? qu'est-ce que tu veux? qu'est-ce que cela veut dire? Est-ce qu'on entre comme ça dans une maison? J'ai cru que le toit.... que l'enfer..,, que le diable.... Qu'est-ce que tu demandes, voyons?
COLAS. — Monsieur Mathurin...,
MATHURIN. — Monsieur Mathurin ! hé bien?
ROSE. — Ah! certainement, il s'est blessé. Ah! je ma meurs.,., ah! je n'en peux plus,
COLAS. — Rose, Rose, vous vous trouvez mal? (Elle se trouve mal. )
MATHURIN. — Rose, Rose, laisse là, laisse là ce sot, qui entre comme une bombe. Il lui a fait peur; j'ai eu peur moi-même. Ne crains rien, ma fille; c'est moi, c'est moi, c'est Colas.
COLAS. — C'est que je suis glissé, et je suis tombé.
ROSE. — Vous ne vous êtes pas blessé?
COLAS. — Non, bien au contraire.
MATHURIN. — Je veux mourir si je savois co que c'étoit.... Mais pouiquûi viens-tu ici?
COLAS. — Je venois....
MATHURIN. — Tu vcnois! Parbleu, j'ai bien entendu que tu venois : ma.is pourquoi viens-tu?
COLAS. — Pour vous rapporter ce que....
MATHURIN. — Quoi?
COLAS. — Cela.
MATHURIN. — Quoi, Cela?
COLAS. — Le voici : cette selle et cette bride qiie mon père vous a empruntées.
MATHURIN. — Je te jure que je n'en savois rien. Mais quand?
COLAS. — Vous vous portez bien, monsieur Mathurin? et mademoiselle Rose?
MATHURIN. — Oui, OUI, nous uous portons ûien tous. Allons, tournemoi les talons, et ne remets plus les pieds ici.
COLAS. — Mais je n'ai pas fait un grand mal, parce que.,..
MATHURIN. — Non, non. Mais adieu.
cous- — Est-ce que je vous ai offensé?
MATHuniN, — Non, non; mais je suis le maître de chez moi, et je ne veux pas que tu y viennes.
COLAS. — Hé! la raison? MATHURIN, — Deraande-la à ton père. Tiens, le voilà