‹ Œuvres choisiesChapitre 247 sur 454 · SCÈNE VI. — ALDOBRANDIN , FABIO · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — ALDOBRANDIN , FABIO

ALDOBRANDiN. — Hé bien ! as-tu fait mon affaire?

FABio. — Oui, et non : il y a deux heures que je serois ici, si je n'avois été arrêté à tous les coins de rue par tous ces captifs que l'on promène.

ALDOBRANDIN. — Ces captifs ? Et les as-tu vus ?

FABIO. — Oui.

ALDOBRANDIN. — Et n'cst-il pâs parmi eux quelque homme de connoissance ?

FABio. — Non, je n'en ;ii pas vu.

ALDOBRANDIN. — C'est que je crains toujours....

FABIO. — Quoi! pour ces deux hommes? N'ayez nulle crainte; vous devez être sûr de mon exactitude.

ALDOBRANDIN. — C'est qu'il est des événements si singuliers !

FABIO. — Des événements! Les événements qui arrivent, c'est que vos deux gaillards sont à présent enfoncés jusqu'aux genoux dans les sables de l'Arabie, et qu'ils suivent, comme ils peuvent, la caravane qui va à la Mecque.

ALDOBRANDIN. — Et tu penses que le musulman qui les a achetés ne reviendra pas à Tunis?

FABIO. — Bon! il va de là à Hispahan.

ALDOBRANDIN. — Ah, tant mieux ! tant mieux! Je compte bien cependant les faire revenir un jour, je les rachèterai; je compte les racheter, c'est une justice.

FABIO. — Et où les retrouverez-vous ?

ALDOBRANDIN. — On retrouve aisément....

FABio. — Oui, ceux qu'on ne cherche pas.

ALDOBRANDIN. — Et ma commission?

FABIO. — Ah...! j'ai, suivant vos ordres, été trouver le seigneur Octave, qui est vraiment bien nommé le Magnifique : il m'a bien reçu, a Je serai, m'a-t-il dit, charmé d'obliger le seigneur Aldobrandin ; mais ma haquenée (c'est le nom qu'il donne à ce cheval), ma haquenée est de deux mille ducats. »

ALDOBRANDIN. — Deux mille ducats!

FABIO. — Deux mille ducats. Je me suis récrié, avec raison, sur ce prix-là. a N'est-ce pas, m a-t-il dit, un des plus beaux chevaux qu'il y ait? — Oui. — En connoissez-vous un meilleur? — Non. — Hé bien! deux mille ducats. Tenez, a-t-il repris, faisons mieux : que quelqu'un

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