‹ Œuvres choisiesChapitre 255 sur 454 · SCÈNE VI. — CLÉMENTINE, ALIX · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — CLÉMENTINE, ALIX

CLÉMENTINE. — Ah! qucl bonheur! mon père est vivant

ALIX. — Et mon mari! et mon mari !

CLÉMENTINE. — Ma bonne, le portrait de mon père qui est dans ma thambre est- il ressemblant?

ALIX. — Oui, il est parlant; il l'étoit du moins lorsqu'il est parti.

CLÉMENTINE. — Ah! je le reconnottrai : je l'ai tant regardé!

ALIX. — Asseyons-nous, paroissons occupées; prenez votre ouvrage, tenez, faites un bouquet, si le seigneur Aidobrandin vient, qu'il ne se doute pas, qu'il ne s'aperçoive pas de notre agitation. Pour moi, je suis si émue, ma chère fille! Vous êtes plus tranquille, vous; vous êtes bien heureuse! (En s'asseyant.) Comment avez- vous trouvé mon mari? son air? sa figure?

CLÉMENTINE. — Fort bien ; il a l'air d'un honnête homme.

ALIX. — Ah! il l'est, il l'est.

CLÉMENTINE. — A présent, ma bonne, je crois qu'on ne peut plus me marier sans le consentement de mon père.

ALIX. — Non, sans doute; mais il vous accordera certainement au seigneur Aidobrandin.

CLÉMENTINE. — Ab ! ma bonne.... je ne l'aime pas.

ALIX. — Vous ne l'aimez pas! quoi! votre bon ami? Un homme qui a l'estime de tout le monde? qui passe pour le plus honnête homme qui soit dans Florence? lui qui vous a élevée dès le bas âge? dont vous avez reçu tant de .soins, tant d'attentions? celui qui.... Hé! aui peut vous faire pleurer?

DUO

CLÉMENTINE. ALIX

Je ne sais pourquoi je pleure,

Mais mon cœur est oppressé; Quoi 1 se peu' -il que l'on pleure'

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