ALDOBRANDIN. LE MAGNIFIQUE
Clémentine, mettez-vous là; Vous pouvez lui parler autant qu'il vous plaira,
LE MAGNIFIQUE
ALDOBRANDIN
Personne ne vous entendra,
Car moi, seigneur, je me mets là.
Pourquoi cela?
Il n'est besoin Pour tout témoin Que de mes yeux Pourquoi si loin?
Ici c'est bien.
LE MACNIPIQDE.
Non, s'il vous plaît rnettez-vous là.
Mettez-vous là, mettez-vous là; Un peu plus loin :
Il n'est besoin Pour tout témoin Que de vos yeux :
Ici c'est mieux.
Soit, je le veux.
Non, non, c'est mieux, C'est mieux, c'est mieux.
(Ici une sorte de ritournelle, pendant laquelle Aldobrandin tire sa montre, le Magnifique la sienne; ils regardent à quelle heure elles sont. Le Magnifique remet la sienne entre les mains de Fabio, qui se retire dans le fond de la scène avec Aldobrandin.)
LE MAGNIFIQUE
Pardonnez, belle Clémentine,
Le parti que j'ai su choisir :
Mais je n'ai qu'un instant, et je dois le saisir.
Oui, cet instant me détermine A marquer sans détour l'objet de mon désir.
De vous dépend le bonheur de ma vie, J'ai pour vous le plus tendre amour.
Et je désire, hélas! par un juste retour. Voir votre main avec la mienne unie.
Répondez-moi, je vous en prie :
De vous dépend le bonheur de ma vie.
Répondez-moi, je vous en prie;
Répondez-moi, répondez-moi.
Quoi! pas un mot?... mais quel silence! Quoi! pas un mot?... quoi! rien.... Que faut-il que je pense? Seroit-ce du mépris? Non, non, ah! je le voi, Aldobrandin vous prescrit cette loi,
Il vous force par sa présence 1
D'observer ce cruel silence. '
LE MAGNIFIQUE
Soi.Ljneur, seigneur Aldobrandin,
Cette contrainte est détestable,
Et ce silence qui m'accable
ALDOBRANDIN
Parlez , le succès est
certain; Parlez , votre quart
d'heure avance vers
sa fin.
Vous perdez plus d'une
minute :
FABIO
Oh! le bon tour qu'il lui fait là!
S'attendoit il à celuilà?
Elle est muette, ha, ha , ha , ha 1