‹ Œuvres choisiesChapitre 275 sur 454 · ACTE III, SCÈNE XIÎl · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XIÎl

toi et mon respect pour ta mémoire. Quelles attentions n'ai-je pas eues pour elle! Qu'Alix, qui ne l'a pas quittée, me démente, s'il est possible.

ALIX. — 11 est bien vrai, seigneur : tous les égards, une éducation, des maîtres, je ne l'ai pas quittée.

ALDOBRANDiN. — Clémentine elle-même peut assurer que ce matin, ce matin même (car je suis veuf), je lui offrois ma main et ma fortune. La fille de mon ami étoit pour moi préférable à toutes les femmes de l'univers; et quels que soient sa beauté, ses talents et ses grâces, ils n'étoient pour moi qu'une partie des charmes qui m'attiroient vers elle ; et ton consentement à notre union doit réunir à jamais trois personnes faites pour s'aimer.

CLÉMENTINE. — Mon père!

HORACE. — Ma fille?

CLÉMENTINE. — Le soigneur Aldobrandin a pris soin de mes jours, le seigneur Octave a sauvé les vôtres.

LE MAGNIFIQUE. — Non , nou , belle Clémentine. Seigneur Horace, ne parlons pas de reconnoissance : ce n'est point au père de ce que j'aime que j'ai cherché à rendre service, ainsi soyez libre; c'est de vous, belle Clémentine, c'est de votre cœur que je désirois vous obtenir.

CLÉMENTINE. — C'est à mon père à disposer de moi, j'obéirai.

ALDOBRANDIN. — Quoi , Clémentine, vous céderiez?

CLÉMENTINE. — Il a racheté mon père.

ALDOBRANDIN. — Non , nou , ingrate, ce n'est point cela qui vous touche, c'est ce discours qu'il vous a tenu aujourd'hui en ma présence; mais votre père sera plus juste que vous. Et toi, mon ami, reçois les assurances de ma joie, et permets que je t'embrasse. (Comme ils vont pour s'embrasser, on entend la ritournelle du trio.) Quel bruit I

HORACE. — C'est Laurence.

TRIO

LAURENCE

Réponds, réponds; C'est toi, fripon; Il faut tout dire.

Il faut m'instruira :

Parleras-tu?

Parleras-tu ?

ALDOBRANDIN

(A part.) Que v?L-t-il dire?

0 ciel! ô ciel!

Que va-t-il dire?

FABIO

Ne me bats pas.

Ne me bats pas.

Je vais tout dire.

Et vous instruire.

QUATUOR

HORACE

Je reconnois ce drôlelà, C'est celui-là, Oui, le voilà; Il faut m'instruire

LAURENCE

FABIO

ré-

Réponds ,

ponds ; C'est toi, frioon.

Ne me bats pas.

Ne me bats pas,

HORACE

Parieras-tu ?

U faut m'instruire,

; ALDOBRANDIN

(A part.) Sans doute, il l'aura reconnu; rout est perdu.

LE MAGNIFIQUE

LAURENCE. FADIO.

nORACB.

Je vais tout dire, Il faut tout dire Et vous instruire.

FABIO

Oui, c'est par moi que dans Tunis On vous a mis tous deux à prix;

C'est moi qui vous revendis A ce monarque de Candie /

Oui vous menoit en Asie;

Mais dans tout ce que je fis

La censure ne peut mordre;

Car je ne fis rien sans l'ordre

Du seigneur Aldobrandin.

Le voici.

ALDOBRANDIN

Tais-toi, coquin.

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