‹ Œuvres choisiesChapitre 305 sur 454 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

M. LEK.

Lui!

LE PRÉSIDENT

Lui! lui !

M. RISS

Ciel! quelle est ma surprise Vous m'élonnez, madame.

LA PRÉSIDENTE

Ah! ton cœur me méprise.

LE PRÉSIDENT

Dans ma fureili....

M. LEK.

Paix donc! écoutons.

LA PRÉSIDENTE

Oui, cruel!

C'est toi qui dans mon sein mis ce poison mortel, C'est toi que je chéris, que j'aime, que j'adore; Tout ingrat, tout barbare....

H. RISS

Un si beau choix m'honore. Mais....

LA PRÉSIDENTE

Achève, réponds : seuls enfin dans ces lieux.... Tu ne m'écoutes pas, tu détournes les yeux; Et ton cœur, irrité ilc ma passion folle, Refuse à mes soupirs une seule parole.

Va, je vais expliquer cet embarras nouveau, Sur ton ressentiment ne mets point de bandeau; C'est dans tes yeux distraits que je lis ta réponse. Eh bien! il faut mourir, donne-moi ce couteau;

Qu'en ta présence en mon cœur je l'enfonce; Dans ce cœur...! Mais, non, non, je tombe à tes genoux

LE PRÉSIDENT

Dieux, quel affront pour la magistrature! Un peintre!

M. RISS

Allons, madame, levez-vous :

Je suis touché des maux que votre cœur endure.

M. LEK.

Ceci, cher président, est de mauvais augure. LA PRÉSIDENTE. {M. Riss , en relevant la présidente , lui haise la main.) Mais tu baises ma main, insolent! d'où te vient Cette témérité, dont le geste m'outrage? Ce n'est qu'à mon mari que ce droit appartient.

LE PRÉCIDENT.

Eh bien! quoique folîo, elle est sage; Cela console.

2(iS

LES FEMMES VENGEES.

LA PRÉSIDENTE

Il te sied bien D'abuser des aveux où mon amour m'engage.

Mais tu rougis, et tes regards baissés Ne Tiennent jusqu'à moi qu'à travers de tes larmes.

Grand Dieul que tes pleurs ont de charmes! Je me rends, mon cher Riss. Eh bieni en est-ce assez' Où vas-tu?

M. RISS

Je m'en vais au-devant de ces dames.

LA PRÉSIDENTE

J'y vole; tu m'entends, mes vœux sont exaucés.

LE PRÉSIDENT

0 la plus perfide des femmes 1 Elles sont toutes des infâmes.

H. LEK.

Je ris.... je ris du coup inattendu.

LE PRÉSIDENT

Àh, mon cher Lekl je suis.... je suis perdu.

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