SCÈNE V.— MORIN, THÉRÈSE, MORINVILLE
MORiN. — Mon fils, nous n'avons pas besoin ici de vos chansons de garnison, et je vous prie de vous taire; votre sœur n'entend ici que des choses honnêtes, et n'a que faire de vos sottises....
MOiiiNviLLE. — Parbleu! mon père, elle ne sera pas toujours une grande innocente.
MORIN. — Où sont vos frères?
MORINVILLE. — Le procureur range ses paperasses, il a apporté des liasses de procès pour se dissiper à la noce; l'abbé est allé rendre ses devoirs au pasteur.
MORIN. — Peut-être auroit-il dû commencer par moi.
MORINVILLE. — Et l'amourcux de ma sœur, M. le baron de Versac, est-il arrivé ?
MORIN. — Il viendra peut-être.
MORINVILLE. — Comment! il n'est pas venu?
MORIN. — Non, mais il a tort de tarder : depuis que les contrebandiers sont serrés de près ils se sont faits voleurs : il y a moins de contrebande, mais on égorge.
MORINVILLE. — M. de Versao ne va jamais sans un fusil,
MORIN. — Ni eux non plus.